Les deux jeunes inculpés écopent de lourdes peines

05 avr. 2008, 12:00

Dans l'affaire des viols collectifs de Seebach, l'accusé majeur écope de 3 ans et demi ferme. Le mineur reste placé «aussi longtemps qu'il le faudra». Les avocats ont d'ores et déjà annoncé qu'ils allait recourir. Des procédures sont en cours pour 10 autres hommes.

Les mots qu'un des deux accusés, casquette posée sur le crâne dès la fin de l'audience, a prononcé en sortant de la salle du tribunal, sont de ceux qu'on interdit aux enfants. «Verdict de m?», a dit le jeune homme de 17 ans en réfrénant des gestes de colère.

Plus sobre, vêtu d'un complet à fines rayures qui lui donnait une allure maladroite, son coaccusé, majeur au moment de faits, n'a en revanche pas dit un mot. Pendant l'énoncé du verdict, il regardait fixement la juge, déglutissant parfois péniblement.

Il y de quoi: le tribunal l'a reconnu coupable de viols multiples, d'actes d'ordre sexuel commis sur une personne incapable de discernement ou de résistance, d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, d'abus de la détresse et de pornographie.

Les mêmes accusations ont été retenues contre le plus jeune accusé, à l'exception de celle d'actes d'ordre sexuel avec des enfants, un délit qui requiert une différence d'âge de trois ans. Le fait que les deux accusés aient agi ensemble alourdi la gravité des faits. En théorie, l'adulte risquait jusqu'à 20 ans de prison.

Les deux hommes ont abusé d'une adolescente de 13 ans et demi lors de cinq soirées (quatre pour le plus jeune) en novembre 2006, au domicile des parents de l'accusé majeur, dans le quartier de Seebach, au nord de Zurich.

Treize garçons avaient été arrêtés le 16 novembre, déclenchant une tempête médiatique et politique. Un quatorzième homme, majeur, avait aussi été mis en cause. Excepté deux classements d'enquête, exécutoires, des recours visant dix jeunes sont pendants.

La cour a suivi l'accusation, qui avait demandé 4 ans et demi de prison ferme, sur presque tous les points. Elle n'a en revanche pas retenu l'accusation d'incitation à la contrainte sexuelle, formulée contre l'accusé adulte. Mais «le fait d'avoir agi ensemble a aggravé l'effet blessant et humiliant des actes commis», a dit la présidente de la cour Kathrin Bretschger Bitterli aux deux hommes, «tout comme celui d'avoir filmé les scènes.»

La peine a été réduite à 3 ans et demi contre l'adulte notamment, parce que «les accusés ont été précondamnés par les médias et la police», a relevé la juge. Quant au mineur, il restera en institution «aussi longtemps qu'il le faudra, mais au plus jusqu'à ses 22 ans». Des traitements psychothérapeutiques ambulatoires ont également été prescrits.

Les avocats des deux accusés, qui avaient demandé l'acquittement, ont annoncé vouloir faire recours.