Les charges familiales freinent les carrières des femmes diplômées

Entre 25 et 29 ans, le taux d’emploi des femmes diplômées ne diffère pas de celui des hommes. Mais l’écart se creuse dès que les femmes fondent une famille.
17 nov. 2021, 13:56
Le potentiel des femmes hautement qualifiées en Suisse n'est pas pleinement exploité, constate l'institut de recherche Sotomo dans l'enquête publiée mardi. (illustration)

Travailler et éduquer les enfants tout en s’occupant des tâches ménagères influence encore très fortement les choix de carrière des femmes diplômées. Plus d’un tiers d’entre elles augmenteraient leur temps de travail si les conditions le permettaient, selon une étude.

Le potentiel des femmes hautement qualifiées en Suisse n’est pas pleinement exploité, constate l’institut de recherche Sotomo dans l’enquête publiée mardi.

Dans la tranche d’âge des 25 à 64 ans, la part des femmes ayant un diplôme universitaire ou technique est en effet désormais identique à celle des hommes. Leur proportion est passée de 18 à 29% entre 2010 et 2019, tandis que celle des hommes hautement qualifiés a augmenté moins fortement, passant de 23 à 30%. Toutefois, seules 40% des heures de travail sont effectuées par des femmes.

Coup de frein dès l’arrivée des enfants

Entre 25 et 29 ans, le taux d’emploi des femmes diplômées ne diffère pas de celui des hommes. Par contre, l’écart se creuse dès que les femmes fondent une famille. L’étude parle d’un «coup de frein au niveau de la participation au marché du travail». Et une fois que les enfants sont grands, elles n’augmentent souvent pas leur pensum.



Hommes et femmes interrogés reconnaissent que des interruptions prolongées de l’activité professionnelle ont des effets négatifs sur la carrière. Un autre point soulevé concerne le pourcentage minimum: les femmes estiment en moyenne qu’il faut au moins un 55% pour assumer correctement son travail, les hommes fixent la barre à 65%.

Selon l’étude, les décideurs politiques ont une marge de manoeuvre pour augmenter la participation au marché du travail des femmes hautement qualifiées afin de lutter contre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée.

Crèches, imposition

Selon le sondage, 37% des femmes affirment que des structures d’accueil plus flexibles leur permettraient d’exercer un emploi plus rémunérateur. Un quart souhaitent de meilleures conditions fiscales pour les seconds revenus. Vingt-cinq pour cent également estiment qu’il faudrait améliorer les déductions pour la garde d’enfants.

L’enquête montre également que la situation à la maison joue un rôle important. Mais les avis diffèrent passablement selon les genres. Pour 63% des femmes interrogées, le partage des responsabilités du ménage et des enfants contribuerait à un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Seulement 35% des hommes sont de cet avis.