Les CFF prêts à revoir le projet de restructuration

27 mars 2008, 12:00

Les CFF sont prêts à réexaminer leur projet d'assainissement des ateliers industriels de Bellinzone sur la base des chiffres dont dispose le comité de grève. Mais seule une solution rentable est envisageable. Les grévistes examineront aujourd'hui la proposition.

«Notre but n'est pas de démontrer à tout prix que nous avions raison», a déclaré le président du conseil d'administration des CFF Thierry Lalive d'Epinay hier soir devant la presse réunie à Berne. «Il est possible que nous revenions sur notre décision. La condition préalable reste toutefois que nous disposions de tous les chiffres et arguments dont le comité de grève dispose». Ces travaux devraient durer environ deux mois. Mais un éventuel changement de cap ne sera envisagé que si une exploitation durable et rentable du site est assurée, et s'il permet un résultat annuel positif, insistent les CFF.

Le Conseil d'administration des CFF a accordé à la direction un mandat de négociation élargi. Les CFF n'ont pas souhaité dévoiler le contenu du mandat, qu'ils veulent discuter directement avec les employés de CFF Cargo de Bellinzone. Ces derniers exigent la garantie qu'aucun emploi ne sera supprimé dans leur atelier. «Il y aura des garanties minimales», a dit Thierry Lalive d'Epinay, rappelant que le site tessinois était stratégique pour l'entreprise et que près d'un milliard de francs allait y être investi dans les prochaines années. Il a par ailleurs évoqué un possible échelonnement des mesures. L'ex-régie a appelé les grévistes à interrompre leur mouvement «illégal» et à participer à des discussions ouvertes à la table ronde. Le Conseil d'administration des CFF a également rassuré le personnel du site d'Yverdon. Il a démenti le possible transfert de l'entretien lourd des locomotives électriques de leurs ateliers à Bellinzone. Ce scénario avait été analysé dans le cadre du projet d'assainissement mais avait été clairement rejeté.

Au Tessin, les grévistes ont reçu hier le soutien des présidents cantonaux de tous les partis politiques qui ont adressé une lettre ouverte au Conseil fédéral pour lui demander de faire pression sur le conseil d'administration des CFF afin qu'il retire son projet. Thierry Lalive d'Epinay refuse, lui, de voir la politique restreindre le champ de manœuvre des CFF. Il a souligné que si des mesures politiques étaient jugées nécessaires, il faudrait alors les financer par voie politique. /ats