Les bébés réagissent déjà aux saveurs in utero, selon une étude

Des observations inédites menées sur des fœtus ont permis d’établir que les bébés pouvaient goûter et sentir dans l’utérus.

22 sept. 2022, 16:05
Des scientifiques ont scruté les expressions faciales des bébés in utero grâce à l'échographie (illustration).

Fans de carottes, mais beaucoup moins de chou: dans le ventre de leur mère, les enfants réagissent différemment aux saveurs et aux odeurs, selon une étude publiée jeudi dans la revue Psychological Science. Pour parvenir à cette conclusion, des scientifiques ont scruté les expressions faciales des bébés in utero.

Lors de cette étude, publiée jeudi dans la revue Psychological Science, des scientifiques des universités britannique de Durham et française de Bourgogne ont échographié 100 femmes âgées de 18 à 40 ans et enceintes de 32 à 36 semaines. Ces images ont permis aux chercheurs d’observer la façon dont les enfants réagissaient lorsque leur mère mangeait de la carotte ou du chou frisé.

Les fœtus exposés à la carotte ont montré «un visage riant», tandis que ceux dont les mères avaient mangé du chou kale, prisé des amateurs de nourriture saine, présentaient «un visage larmoyant», ont établi les chercheurs.

Goût et odorat

«Un certain nombre d’études avaient suggéré que les bébés pouvaient goûter et sentir dans l’utérus, mais elles étaient basées sur des résultats après la naissance. Notre étude est la première à mettre en avant ces réactions avant l’accouchement», a souligné Beyza Ustun, chercheuse à l’université de Durham et auteure principale de l’étude.


L’être humain perçoit les saveurs en combinant le goût et l’odorat. Chez les fœtus, les chercheurs pensent que ce mécanisme pourrait se produire en avalant le liquide amniotique présent dans l’utérus.

L’importance d’une alimentation saine

«Cela pourrait jouer un rôle majeur dans notre compréhension du développement de nos récepteurs gustatifs et olfactifs, ainsi que de la perception et de la mémoire qui y sont liées», a-t-il poursuivi. Les chercheurs affirment que leurs résultats pourraient contribuer à mieux informer les mères sur l’importance d’une alimentation saine pendant la grossesse.

Les auteurs de l’étude ont également entamé un suivi de ces fœtus pour voir si le régime alimentaire des femmes enceintes pourrait avoir un impact sur les préférences alimentaires des bébés une fois nés.

par Keystone - ATS