Les armateurs suisses changent de cap: agents de sécurité à bord

Les armateurs suisses changent leur fusil d'épaule: ils font désormais appel à des firmes de sécurité privées pour se prémunir contre les pirates.

20 août 2012, 16:50
Bateau suspecté de piraterie dans le Golf d'Aden, en janvier 2012.

Confirmant une information de la "NZZ am Sonntag", l'Office suisse de la navigation maritime a expliqué que les armateurs hélvètes font désormais appel à des firmes de sécurité privées pour se prémunir contre les pirates qui infestent par exemple le Golfe d'Aden. 

Lors des discussions à propos d'une éventuelle participation suisse à la force de sécurité européenne "Atalante", les armateurs s'étaient prononcés contre la présence d'agents de sécurité sur leurs embarcations. Mais le vieil usage selon lequel les navires commerciaux ne sont pas armés a dû être jeté par-dessus bord, a indiqué lundi l'OSNM.
 
La nouvelle stratégie semble fonctionner: depuis sa mise en place, aucun navire n'a été capturé par des pirates. Par ailleurs, la Suisse profite des effets du programme Atalante bien qu'elle ait refusé d'y participer. L'importante présence de navires de guerre dans les eaux les plus dangereuses protège également les navires helvétiques, souligne le directeur de l'OSNM Reto Dürler.
 
Une flotte de 41 bateaux
 
La flotte commerciale helvétique comprend 41 bateaux à l'heure actuelle, selon l'OSNM. Ceux-ci appartiennent à 6 armateurs, qui sont tenus d'avoir leur siège en Suisse.
 
En cas de nécessité, la Confédération peut réquisitionner les navires de commerce suisses pour assurer l'approvisionnement économique du pays, souligne l'OSNM sur son site internet. Telle avait été la raison de la création, en 1941, de la flotte maritime suisse.
 
Le maintien de l'approvisionnement du pays en cas de conflit reste d'ailleurs la raison d'être de la flotte de commerce battant pavillon suisse, bien que ses navires relèvent de la propriété privée et soient exploités selon les principes de l'économie de marché en temps de paix.