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Le tireur «fou» de Baden était calme

Le geste du jeune homme de 26 ans qui a tiré avec son fusil d'assaut sur des personnes dans un bar-restaurant de Baden (AG) jeudi soir, tuant un homme de 71 ans et en blessant quatre autres, est pour l'heure inexpliqué. Rien ne laisse penser qu'une fusillade a eu lieu ici le soir d'avant, si ce n'est la nervosité de l'employée de la réception face aux journalistes. Pour le reste, l'hôtel-restaurant «La Cappella» de Baden respire la pause de midi qui approche. Le restaurant est certes fermé, mais une dizaine de personnes boivent un café au bar. Comme si de rien n'était.

15 avr. 2007, 12:00

Vers 21h45 jeudi soir, les personnes présentes ont pourtant dû vivre un enfer dans cet hôtel, entre ligne ferroviaire et route. Un jeune de 26 ans y a ouvert le feu, sans un mot, «très calme», a expliqué le chef de la police criminelle argovienne, Urs Winzenried.

Il est arrivé «plutôt à pied», selon le policier, et semble avoir choisi l'endroit et ses victimes au hasard. Il y avait «au moins sept personnes» au bar. Dans le restaurant attenant, leur nombre n'est en revanche pas connu.

Muni d'un fusil d'assaut Fass 90 et d'un chargeur plein, il a d'abord tiré sur deux jeunes amis attablés devant le bar. Agé de 16 ans et touché de deux balles dans le ventre, l'un se trouvait hier après-midi «entre la vie et la mort» à l'Hôpital universitaire de Zurich. Son ami, 15 ans, a été touché au bras. Apparemment sans s'arrêter, le tireur a visé la porte du bar puis y est entré, continuant de vider son chargeur. Touché à quatre reprises, un homme de 71 ans s'écroule. Il mourra peu après. Deux hommes, de 50 et 59 ans, sont également touchés, le premier assez grièvement, au ventre.

Le jeune homme, un Suisse arrivé d'Irak avec sa famille lorsqu'il était enfant, sort du bar et entre dans le restaurant. «Heureusement, il ne touche que des lampes», relate Urs Winzenried. «Grâce au fait que son chargeur, avec ses 20 cartouches, était vide, on a évité une plus grande catastrophe encore.»

Apparemment sans la moindre émotion, alors que des scènes de panique se déroulent derrière lui, le jeune abandonne son fusil à la réception et sort sur le parking, où une patrouille de police l'arrête. Périmètre de sécurité, ballet d'ambulances et d'hélicoptères, premiers interrogatoires des témoins et analyses scientifiques se poursuivront toute la nuit.

La police aborde alors la zone des questions sans réponse. On ne connaît encore rien des mobiles du jeune homme, intelligent, dit la police, bien intégré, employé de banque à Zurich. «Il tient des propos confus, partiellement contradictoires, et n'a ni reconnu ni nié les faits», a indiqué Urs Winzenried.

On ne sait pas encore dans quel corps d'armée il avait fait son service militaire. On sait en revanche que la police a été alertée environ une semaine plus tôt par un membre de la famille, parce qu'une altercation violente opposait le père et le fils - en l'occurrence le tireur. Aucune plainte n'a été déposée, il n'y a pas eu de blessures et le rapport de police fait état de «légères voies de fait». Mais, pour les besoins de l'enquête, la police ne révèle rien des déclarations des parents. / AGB-La Liberté

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