Le recul de la demande freine les exportations

Les petites et moyennes entreprises (PME) suisses prévoient une perte de dynamisme de leurs exportations au quatrième trimestre 2010. La faute au ralentissement conjoncturel à l'étranger et à l'impact négatif de la valorisation du franc ces derniers mois.

13 oct. 2010, 04:15

L'appréciation se fonde sur des indicateurs publiés hier par le Credit Suisse et l'Osec (pour Office suisse d'expansion commerciale). Le baromètre des exportations calculé par la grande banque connaît ainsi une dégradation, après avoir grimpé jusqu'à l'été dernier, à un rythme irrégulier toutefois.

Cet indicateur mesure la demande étrangère en produits suisses. A la lumière de sa valeur pour le 4e trimestre (0,6), il signale que cette demande devrait perdre de son dynamisme ces prochains mois, tout en affichant encore une croissance globale. Une performance qui demeure cependant meilleure que celle de l'an passé. Le baromètre, qui reflétait au 3e trimestre une hausse par rapport aux trois mois précédents, indique aussi que le 4e trimestre sera suivi d'un «creux» de la demande étrangère dans les principales branches exportatrices. Les perspectives restent les meilleures pour la métallurgie (grâce à l'Allemagne) et l'électrotechnique.

Les destinations pressenties entre octobre 2010 et mars 2011 ne varieront guère. Quelque 85% des PME suisses exporteront vers l'Europe au sens large, contre 92% il y a six mois, avec les destinations favorites que sont l'Allemagne (71%), l'Autriche (49%) et la France (48%).

Les marchés asiatiques progressent, avec 51% d'intentions d'exporter vers eux, contre 49% au trimestre précédent. Ici, Chine (31%), Inde (21%) et Japon (19%) se taillent la part du lion. Enfin, 37% des PME devraient livrer à destination de l'Amérique du Nord, 31% vers le Moyen-Orient et l'Afrique et 20% vers l'Amérique du Sud.

L'Allemagne demeure le principal débouché, avec un dynamisme conjoncturel, au pire une stabilité, qui contrebalance la faiblesse de l'euro. Derrière, la France et les Etats-Unis continuent également à peser favorablement, malgré le ralentissement en cours.

Par ailleurs, la cherté du franc inquiète les petites et moyennes entreprises suisses tournées vers l'exportation. Elles sont les deux tiers à estimer que leur activité en souffre ou en souffrira, selon un sondage de l'Osec (Office suisse d'expansion commerciale).

Ce taux de 66%, constaté début octobre, est nettement plus élevé que celui relevé trois mois plus tôt (50%), a indiqué hier l'Osec sur la base d'une enquête menée auprès de plus de 200 PME. Le solde montre que 29% des sociétés jugent que le phénomène n'aura pas de conséquences et que 5% pensent même qu'elles exporteront davantage. /ats