Le PLR appuie Didier Burkhalter dans sa réforme de la santé

La nouvelle orientation du PLR en matière de santé est en phase avec celle développée par Didier Burkhalter: un système mieux intégré qui laisse jouer la concurrence. Mais rien n'est simple.
25 janv. 2010, 12:01

Quelque 300 délégués libéraux-radicaux étaient réunis samedi à Berne pour parler politique de santé, mais aussi pour fixer leurs mots d'ordre pour la votation fédérale du 7 mars. A ce chapitre, sans surprise, l'abaissement du taux de conversion dans le 2e pilier a été approuvé, de même que l'article constitutionnel concernant la recherche sur l'être humain.

Un groupe de travail, secondé par les présidents cantonaux, proposait aux délégués une dizaine de revendications sur la politique de santé. Dans l'ensemble, elles ont passé la rampe. Parmi les nouveautés, la création d'une agence indépendante chargée de mesurer la qualité des différents éléments du système et de publier régulièrement ses conclusions.

Si les autres points ne sont pas nouveaux, leur articulation a évolué, dans le sens d'une cohérence accrue. Ainsi, la réflexion part du fait qu'un consensus paraît s'établir sur la promotion des réseaux de soins (ou Managed Care). Des médecins travaillant ensemble (entre généralistes ou avec des spécialistes, des hôpitaux, des pharmacies) représentent une garantie de qualité et d'efficacité.

A partir de là, le PLR peut réintroduire une notion qui lui est chère: la liberté de contracter entre assureurs et fournisseurs de soins. Car les réseaux représentent un réaménagement des rapports de force. Le conseiller national Claude Ruey, bien que président de Santésuisse, a appelé à la prudence sur un thème qui reste sensible. Mais les délégués l'ont maintenu, par 197 voix contre 73. Ils ont également demandé la suppression, à l'horizon 2014, de la liste des hôpitaux telle que conçue dans les planifications cantonales. Les cantons garantiraient l'accès aux soins mais, pour éviter des réflexes protectionnistes, ce serait à la concurrence (sur les coûts mais compte tenu de critères de qualité) de montrer quels établissements resteront dans la course.

Toujours dans un souci de cohérence, les délégués ont soutenu l'introduction d'un système moniste dès 2013. C'est-à-dire la généralisation du paiement des factures par les assureurs (avec les primes et les contributions des cantons), aussi dans l'hospitalier, pas seulement dans l'ambulatoire. Le fait que les cantons paient la moitié de la facture hospitalière complique et fausse le système.

L'assemblée a, en revanche, refusé de suivre une proposition de favoriser des modèles d'assurance qui récompensent ceux qui s'engagent à suivre des régimes (poids, tabac). Ce serait facultatif, a tenté de justifier le conseiller national Felix Gutzwiller. Non, c'est «éthiquement indéfendable», ont fait valoir plusieurs délégués: les gens ne sont pas égaux devant la santé (hérédité, éducation).

On aura ainsi parlé un peu de l'être humain dans ce débat essentiellement économique. Dans son exposé, le ministre de la Santé Didier Burkhalter l'avait d'ailleurs souligné: «Dans tous les efforts de rationalisation et de responsabilisation, il ne faut pas perdre de vue le patient vulnérable. La maladie, qui peut frapper tout individu, ne doit pas entraîner un risque économique insupportable pour lui». Partageant l'orientation générale définie par le PLR, il tempère certaines ardeurs, comme un passage rapide au monisme.

D'importantes réformes ont pris du retard et nécessitent la mise en place d'une «Task Force» pour les accélérer. La priorité va aux réseaux, à une compensation des risques qui empêche la chasse aux «bons risques» et à l'introduction du financement hospitalier par forfaits. /FNU