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Le plan de lutte se dégonfle

01 sept. 2011, 11:05

«La communication n'a pas été optimale», reconnaît le chef du Département de l'économie, Johann Schneider-Ammann. «En annonçant le 17 août qu'il allait consacrer deux milliards de francs à des mesures destinées à pallier l'appréciation du franc, le Conseil fédéral a suscité des attentes inconsidérées.» Cet aveu prend toute sa valeur au vu des mesures retenues hier par le Conseil fédéral. Contrairement à ce qui avait été envisagé, il n'est plus question d'une aide directe à l'industrie d'exportation ou au secteur touristique. Le programme qui sera soumis aux Chambres lors de la session d'automne se borne à faciliter le recours au chômage partiel et à soutenir divers programmes d'innovation et de recherche. Coût de l'opération: 870 millions de francs.

Deuxième paquet en vue

On est loin des deux milliards articulés il y a 15 jours, mais un second train de mesures est en préparation, indique la grande argentière Eveline Widmer-Schlumpf. Il sera traité par les Chambres lors de la session d'hiver. L'objectif est de promouvoir à plus long terme la technologie, la recherche, l'innovation, les infrastructures et la formation professionnelle. Ce programme n'excédera pas un milliard de francs. Il dépendra de l'évolution du franc. Hier, l'euro s'échangeait contre 1,16 franc alors que le taux de change jugé acceptable par l'économie est d'environ 1,40 franc.

Le premier paquet de mesures est axé sur le court terme. Cinq cents millions de francs doivent permettre de faire face à une hausse des demandes de chômage partiel. «Cette mesure a prouvé son utilité lors de la dernière récession», souligne Johann Schneider-Ammann. Par ailleurs, 212 millions de francs seront répartis entre différents programmes d'innovation et de recherche. Une seule mesure concerne directement l'industrie d'exportation: dix millions supplémentaires soutiendront l'exportation des denrées alimentaires transformées. Le tourisme est un peu mieux doté: la Société suisse de crédit hôtelier disposera d'un prêt de 100 millions de francs pour faciliter les investissements nécessaires à la rénovation des infrastructures. Le Conseil fédéral propose aussi une augmentation modérée de l'enveloppe destinée à Suisse tourisme (+7,9 millions de francs) et à Innotour (+4 millions). Enfin, 28,5 millions de francs iront au trafic de marchandises transalpin et 18 millions au transport régional des voyageurs.

Délimitation impossible

Par contre, il n'est pas question de réduire temporairement le taux de TVA ou d'apporter une aide directe aux entreprises, que ce soit sous forme de prise en charge des cotisations sociales ou de soutien financier direct en fonction du nombre d'employés. «Toutes ces mesures sont discriminatoires et posent des problèmes de délimitation insolubles», explique le ministre de l'économie. La conférence des ministres cantonaux de l'économie fait la grimace. Elle continue à penser que la situation justifie une réduction de la TVA pour le secteur touristique.

Du côté des partis, seul le PDC se satisfait vraiment des mesures proposées. Les autres partis ne les contestent pas sur le fond mais ils les jugent insuffisantes. Les socialistes estiment qu'un soutien ciblé aux entreprises en difficulté est nécessaire, pour autant que les emplois et les salaires soient garantis. A droite, l'UDC et les libéraux-radicaux exigent des allégements fiscaux rapides. Réponse d'Eveline Widmer-Schlumpf: plusieurs projets sont en cours dans ce domaine, à savoir la réforme de l'imposition des entreprises III, la réforme de l'imposition des familles et l'introduction d'un taux unique de TVA.

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