Le PDC s'est réuni à Coire pour discuter des grands axes du parti

24 avr. 2010, 17:03

Les 26 systèmes de santé cantonaux coûtent trop cher, selon le PDC. Réuni samedi en congrès à Coire, il propose de répartir la Suisse en cinq régions de planification des soins. Le parti veut aussi limiter la réduction de primes aux prestations fournies en réseau de médecins.

Les délégués démocrates-chrétiens ont approuvé la résolution «Une médecine de qualité au meilleur prix», présentée aux médias il y a une semaine par 167 voix contre 14 et 24 abstentions. Ce texte regroupe les recettes du parti pour contrer l'explosion des coûts de la santé.

Selon ce modèle, l'Etat n'assurerait plus que 30% des coûts des prestations stationnaires et ambulatoires dans les hôpitaux. La participation des caisses passerait à 70%. Actuellement, les pouvoirs publics participent davantage au financement des soins stationnaires (jusqu'à 55%) et les caisses maladie financent l'entier des soins ambulatoires.

Pour les soins de base, les cabinets classiques seraient appelés à céder la place à des «centres de santé» travaillant en réseau. Ces centres constitueraient la norme de la LAMal. La résolution du PDC demande également l'exemption de primes pour les enfants.

Déposée au début du mois avec plus de 200'000 signatures, l'initiative «Oui à la médecine de famille» a elle aussi reçu le soutien des délégués. Le texte de l'Association des médecins de famille et de l'enfance vise à ancrer dans la Constitution la garantie d'une médecine de base pour tous. Il encourage la relève des médecins de famille et l'accès aux soins en périphérie.

Le «C» comme boussole

Le PDC a aussi profité de son congrès pour lancer un débat interne sur ses valeurs chrétiennes. Les délégués ont pris connaissance d'un document de base intitulé «Notre C», inspiré d'un sondage mené auprès d'un millier de membres du parti. Il sera finalisé d'ici à la fin de l'année après mise en consultation.

Selon le texte, la «conception chrétienne de l'homme» exige de la  «responsabilité individuelle» et de l'«initiative personnelle», tout  en protégeant «ceux qui n'arrivent pas à faire face à leurs tâches». Cette politique rejette toute idéologie de gauche ou de droite et cherche le consensus au centre de l'échiquier.

«Le 'C' doit être la boussole principale de notre politique», a souligné Lukrezia Meier-Schatz. D'après la conseillère nationale st-galloise, le PDC doit «démontrer que la vision chrétienne de l'être humain est irremplaçable dans notre culture». Ce d'autant plus que l'homme se trouve aujourd'hui souvent désorienté dans une «société à options multiples».

«Liste noire» des pédophiles

Le président du parti est lui revenu, en début d'assemblée, sur les cas d'abus sexuels d'enfants. Christophe Darbellay a réclamé une «liste noire» des personnes condamnées pour pédophilie.

«La protection de l'enfant est clairement prioritaire», a souligné le conseiller national. «Les pédophiles n'ont rien à faire dans les écoles, les clubs de football, les choeurs d'enfants ou chez les scouts.»

Le Valaisan a annoncé le dépôt prochain d'une motion aux Chambres fédérales à ce sujet. Il ne s'est en revanche pas prononcé sur les cas de pédophilie dans l'Eglise catholique. Il y a un mois, la présidente démocrate-chrétienne de la Confédération Doris Leuthard avait plaidé pour une liste nationale de prêtres pédophiles.

Le chef du PDC a en outre attaqué Ueli Maurer sur son rapport de sécurité, qualifiant ce document de «travail semestriel d'un étudiant». Il a accusé le ministre UDC de la défense de «rêver d'une armée folklorique». Il a exigé «des innovations et de l'imagination» pour «une armée qui n'avale pas davantage de milliards». /ats