Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Le PDC grignote le pré carré des Verts

09 sept. 2007, 12:00

L'environnement est devenu un enjeu électoral. Le PDC prépare un contre-projet à l'initiative populaire des Verts sur le climat.

Les Verts ont certes construit leur réputation sur la défense de l'environnement, mais ce souci est aujourd'hui partagé, à des degrés divers, par l'ensemble du spectre politique. Plus personne en effet ne peut ignorer le phénomène du réchauffement climatique, ni le succès qui risque d'en découler pour les écologistes le 21 octobre. Au sein des partis bourgeois, c'est le PDC qui se profile le plus sur ce dossier. Il s'apprête à déposer un contre-projet à l'initiative populaire des Verts sur le climat. L'assemblée des délégués du parti devrait lui apporter son soutien à la fin de la semaine prochaine. Lancée le 29 mai dernier, l'initiative des Verts «pour un climat sain» demande que les gaz à effet de serre émis en Suisse diminuent d'au moins 30% d'ici à 2020 par rapport au volume qu'ils atteignaient en 1990. Elle est soutenue pour toute une série d'organisations environnementales et par des personnalités de presque tous les partis. Notamment le sénateur démocrate-chrétien Eugen David (SG) qui siège même dans le comité d'initiative. C'est pourtant lui qui présentera le contre-projet du PDC devant l'Assemblée des délégués, sur l'air du «un tiens vaut mieux que deux tu l'auras».

Le contre-projet diffère de l'initiative sur un chiffre: l'objectif de réduction des gaz à effet de serre est de 20% seulement, conformément à celui de l'Union européenne. Par ailleurs, il ne s'agit pas d'une initiative populaire mais d'une initiative parlementaire qui propose de réviser la loi sur le CO2. Le procédé est plus rapide: il nécessite seulement le soutien du Parlement. Dans le contexte actuel, ce soutien est imaginable. Pourtant, la fixation d'un objectif est inutile si elle ne s'accompagne pas de mesures concrètes comme celles qui ont été présentées la semaine passée par Moritz Leuenberger. Or ce programme est loin de faire l'unanimité. Economiesuisse est déjà parti en guerre contre la taxe CO2 sur les carburants préconisée par le socialiste zurichois. Seules les mesures relatives à l'assainissement énergétique des bâtiments sont susceptibles de dégager un consensus. Par ailleurs, la Suisse n'échappera pas à un débat sur l'énergie nucléaire. Les partis bourgeois ne veulent pas renoncer à cette forme d'énergie qualifiée de «propre». Les radicaux et les démocrates du centre y sont particulièrement favorables. Par contre, la gauche et les Verts veulent sortir du nucléaire et ils le font savoir: une manifestation nationale organisée par les Verts a lieu aujourd'hui à Berne.

Bien qu'il n'existe actuellement aucun projet de nouvelle centrale, le combat antinucléaire est devenu pour la gauche rose-verte une façon de se démarquer des partis bourgeois à l'heure où tout le monde parle d'environnement. / cim

Votre publicité ici avec IMPACT_medias