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Le PDC et les évêques se reparlent

Les positions de l?Eglise catholique et du Parti démocrate-chrétien bifurquent de plus en plus. Les deux parties se sont expliquées, mais les divergences demeurent Le Parti démocrate-chrétien (PDC) se définit comme un parti attaché aux valeurs chrétiennes, mais il récuse toute appartenance confessionnelle. Il n'en reste pas moins que son électorat est majoritairement catholique et que les autorités religieuses s'attendent à la transmission d'un message commun chaque fois qu'il est question de valeurs morales.

05 mars 2006, 12:00

Or, ces dernières années, les positions du PDC ont divergé de celles des évêques lors de la plupart des votations portant sur des problèmes éthiques. Et ce n'est pas fini. Actuellement, c'est la révision de la loi sur l'asile qui les oppose.

Pour éviter que le fossé ne se creuse davantage, le PDC et la Conférence des évêques (CES) ont décidé de s'expliquer lors d'une séance qui a eu lieu le 24 février à Berne.

«Les Eglises ont le droit de nous interpeller aussi longtemps qu'il y aura un C dans notre nom, reconnaît le président du groupe parlementaire Urs Schwaller. Mais nous avons trop longtemps discuté par médias interposés. Il était temps que nous nous expliquions sur les attentes des uns vis-à-vis des autres».

Une liste impressionnante

Le conseiller aux Etats fribourgeois a participé à la séance aux côtés de la présidente du PDC Doris Leuthard et du secrétaire général Reto Nause. La délégation de la CES était composée de Mgr Kurt Koch, Mgr Bernard Genoud, Mgr Pier Giacomo Grampa et du secrétaire général Agnell Rickenmann.

La liste est longue des dossiers qui ont opposé le PDC et la CES. Outre la révision des lois sur l'asile et sur les étrangers qui sera soumise au peuple cet automne, il faut mentionner l'avortement, la manipulation des cellules souches embryonnaires, le partenariat enregistré et l'extension du travail dominical.

Sans compter la gaffe de l'ancienne porte-parole du parti, en décembre dernier, qui a mis de l'huile sur le feu en traitant le pape d'imbécile lors d'une discussion avec des journalistes. Elle a aussitôt démissionné.

Pour Mgr Genoud, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg, il n'est pas question de demander au PDC de défendre les dogmes de l'Eglise catholique. «Par contre, souligne-t-il, nous attendons de lui qu'il défende des positions humanistes harmonisables sur le fond avec une doctrine précise».

S'agissant de l'asile, il se réfère aux propos du Christ dans le Sermon sur la montagne: «Ce que vous avez fait au plus petit d'entre les miens, c'est à moi que vous l'avez fait». Et Mgr Genoud de souligner: «On ne peut pas séparer la foi de sa concrétisation dans la vie pratique. La fraternité ne se réduit pas à un concept théorique». Interrogé à ce propos, Reto Nause rétorque que la politique a sa propre logique: «Des améliorations ont été apportées à la loi sur l'asile pendant le débat parlementaire. Nous avons procédé à une pesée d'intérêts qui nous a conduit à la soutenir. C'est le même raisonnement qui nous a incité à accepter le travail dominical dans les grandes gares. Il s'agissait seulement de défendre le statu quo. Par contre, nous nous sommes opposés avec virulence à toute extension supplémentaire».

Loi sur l'asile

A l'issue de la rencontre, personne n'a changé d'avis mais le dialogue a été renoué et les deux parties manifestent l'intention de le poursuivre. «Contrairement à ce que l'on a pu lire, il n'a jamais été question d'imposer une muselière à qui que ce soit», a souligné Urs Schwaller.

Les Eglises et le PDC s'affronteront donc sans complaisance à l'occasion de la votation sur la révision de la loi sur l'asile. /CIM

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