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Le National enterre la police ferroviaire privée et armée

. Fait plutôt rare, c'est en votation finale (toutes les divergences ayant été éliminées) que le projet de police des chemins de fer a été rejeté hier au Conseil national

21 mars 2009, 10:33

L'opposition des groupes PS et UDC s'est cumulée pour enterrer ce texte par 99 voix contre 85 et 10 abstentions. Les motifs de refus étant très différents, le Conseil fédéral ne dispose pas d'un mandat clair pour revenir à la charge. La sécurité dans les transports publics constituait un des volets de la réforme des chemins de fer. Après de laborieux débats, une majorité s'était dégagée pour admettre la possibilité de confier cette tâche à des organes privés.

Le fait qu'on n'ait pas exclu explicitement l'arme à feu de l'équipement des agents n'a pas calmé les esprits. Malgré les assurances du ministre des Transports de ne pas y avoir recours. La gauche avait manifesté tôt son opposition, non seulement à l'arme à feu, mais aussi à la perspective de confier une tâche policière à des sociétés privées. Les critères sévères pour la formation des agents, par exemple, lui paraissaient difficilement compatibles avec les impératifs de rendement fixés dans le privé. Au nom du groupe socialiste, Evi Allemann a annoncé hier de nouvelles propositions pour avril déjà.Le groupe UDC partageait ces doutes quant à la solution privée. Mais quand le Parlement a refusé de doter le futur corps de police des compétences jugées essentielles, le groupe a décidé de s'opposer au projet. Il veut, au niveau de la loi (et pas seulement d'une ordonnance d'exécution) une police dotée d'un vrai pouvoir d'intervention, de fouille, de garde à vue, a souligné le Zurichois Max Binder.

Moritz Leuenberger regrette ce rejet, ne voyant pas quel projet pourrait réunir une majorité. Pour l'heure, on s'en tient à la solution «Securitrans», une société appartenant aux CFF et à Securitas. Les cantons vont devoir étudier une collaboration entre Securitrans et les polices cantonales. L'Union des transports publics exprime aussi sa déception, regrettant que tout soit à reprendre à zéro. D'autres se félicitent de l'échec. A commencer par le Syndicat du personnel des transports (SEV), qui ne voulait pas de cette «tentative de libéralisation». Pour la centrale syndicale Travail.Suisse, comme pour la Fédération suisse des fonctionnaires de police, on a évité une dangereuse privatisation des tâches policières, qui doivent rester en mains publiques. /FNU

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