Le Lötschberg trouve ses lobbyistes

Les cantons de Berne et du Valais unissent leurs forces pour exiger l'achèvement de l'axe du Lötschberg. Mais ils refusent de préfinancer les travaux.

30 oct. 2010, 10:58

Maintenant que le tunnel de base du Gothard est percé, les régions desservies par le tunnel du Lötschberg se mettent à rêver. Et si l'on donnait toute sa dimension à cet axe de transit en procédant aux aménagements qui avaient été reportés pour des raisons financières?

Passant de la parole aux actes, les cantons de Berne et du Valais ont annoncé hier à Berne le lancement d'un comité pour le Lötschberg. Ils sont conscients qu'il faudra un puissant lobbying pour convaincre la Confédération d'ouvrir les cordons de sa bourse. Aussi sont-ils en train de chercher des appuis auprès des cantons voisins et de préparer un plan de financement. «L'idéal serait de pouvoir commencer les travaux dès que le Gothard sera opérationnel», souligne le conseiller d'Etat valaisan Jacques Melly.

Les données du problème sont connues: deux tubes ont été percés sur la majeure partie du tracé du tunnel, mais un seul est équipé et le Valais attend toujours les galeries d'accès qui permettront un raccordement direct vers la région Sion-Sierre-Montana. Selon une étude de la compagnie ferroviaire BLS, il faudrait 790 millions de francs pour équiper les tunnels déjà percés ou 1,3 milliard pour achever l'ensemble des travaux. «L'objectif est de faire figurer le Lötschberg dans les projets prioritaires de Rail 2030», explique la conseillère d'Etat bernoise Barbara Egger-Jenzer.

Interrogé hier, l'Office fédéral des transports (OFT) met la pédale douce. «Pour le moment, on ne peut pas dire que l'achèvement du Lötschberg ne figure pas parmi les projets prioritaires de Rail 2030», assure la porte-parole de l'OFT Olivia Ebinger. «Aucune décision n'a encore été prise. Mais il est vrai que ce projet est en concurrence avec d'autres travaux réclamés par les cantons et que les moyens financiers ne sont pas infinis. C'est le Conseil fédéral qui tranchera. Un avant-projet sera envoyé en procédure de consultation au printemps prochain».

L'argent étant le nerf de la guerre, le comité pour le Lötschberg dispose déjà d'une solution. Il propose de recourir aux amortissements versés à la Confédération par la société d'exploitation du tunnel, la compagnie BLS. «Les versements s'élèvent à 75 millions de francs par an», indique Barbara Egger-Jenzer. «Déduction faite des mesures d'entretien du tunnel, on disposera de plus de 700 millions d'ici à 2030».

Les cantons de Berne et du Valais préfèrent cette formule à celle du préfinancement décidé par le canton de Vaud pour accélérer la réalisation de la troisième voie ferroviaire entre Lausanne et Genève. «L'achèvement du Lötschberg est un projet d'importance nationale», voire européenne, souligne Jacques Melly. «Par ailleurs, on ne peut pas commencer à développer un système à deux vitesses dans lequel les cantons qui ont les moyens de procéder à un préfinancement seraient avantagés». /CIM