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Le Jura ouvre une enquête contre le prêtre pédophile

22 janv. 2008, 12:00

Le Ministère public jurassien a ouvert hier une enquête contre le prêtre, de l'ordre des capucins, qui a avoué avoir commis des abus sexuels à Lully (FR) et en France. Les milieux ecclésiastiques réclament, eux, la création d'une banque de données sur les religieux pédophiles.

«Nous devons établir un réseau international pour pouvoir mettre en place une véritable entraide judiciaire entre épiscopats au niveau mondial», a souligné hier dans «24 Heures» et la «Tribune de Genève» Nicolas Betticher, l'official de l'Evêché de Lausanne, Genève et Fribourg.

En charge de ce dossier à Fribourg depuis le début de l'année, Nicolas Betticher a déjà mis en place une centralisation des cas graves «au niveau de l'évêché» pour éviter les risques de récidives. «Nous devons être plus sévères. Si nous doutons, par exemple, des moyens des capucins à contrôler le père accusé de pédophilie, l'évêché concerné doit exiger une visite canonique».

Dimanche pour la première fois, un membre de la hiérarchie catholique a reconnu la responsabilité de l'Eglise dans l'affaire du prêtre pédophile qui a sévi en Suisse romande à la fin des années 1980. Nicolas Betticher a même parlé de «complicité».

Le prêtre pédophile a été interrogé le 14 janvier par la police judiciaire jurassienne sur demande de la justice française. Il a à cette occasion admis s'être livré à des attouchements sexuels sur un mineur en 1992 dans la région de Grenoble. La victime était son neveu de 12 ans. Lors de l'audition, le prêtre a aussi reconnu avoir commis à Lully des abus sexuels sur un garçon de dix ans. Ces abus ont été perpétrés sur une période de quatre ans dès 1985/1986.

En raison de ces aveux, le Ministère public jurassien a annoncé hier l'ouverture d'une enquête préliminaire de police. Le capucin sera entendu ces prochains jours par le procureur général, qui veut notamment l'interroger sur ses activités depuis qu'il réside à Delémont, soit depuis l'automne 2005. Si des abus sexuels étaient confirmés, ils ne seraient pas prescrits, contrairement à ceux commis dans le canton de Fribourg. Le cas échéant, le prêtre pourrait être arrêté. / ats

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