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Le harcèlement sexuel touche la moitié des salariés

La première enquête globale sur le harcèlement sexuel au travail montre l'ampleur du phénomène, qui touche aussi les hommes. La Confédération s'implique davantage. Apeine rentré d'Egypte, Pascal Couchepin a tenu à assister hier à la présentation de l'étude «Risque et ampleur du harcèlement sexuel sur le lieu de travail», commandée par le Bureau fédéral de l'égalité (BFEG) et le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco). Une étude qui, par son étendue, comble une importante lacune en Suisse, selon le président de la Confédération.

16 janv. 2008, 12:00

Silvia Strub et Marianne Schär Moser, auteures de l'étude, ont recueilli plus de 2000 témoignages. Ils sont analysés selon deux grilles de lecture. D'abord en fonction d'une douzaine de comportements classés comme harcèlement, qui vont de simples remarques dégradantes jusqu'au viol, en passant par des appels téléphoniques, e-mails pornographiques, attouchements, chantage, etc.

La seconde grille comporte différentes approches, dont les témoignages de harcèlements subis personnellement, mais aussi le sentiment subjectif du malaise dû au harcèlement. «Il fallait connaître tout cela pour pouvoir informer les entreprises de manières ciblée en vue de mesures préventives», dit Hans-Ulrich Scheidegger, du Seco.

La différence des résultats entre les deux approches est frappante. Si 55% des femmes et 49% des hommes disent avoir subi au moins un des douze comportements au cours de leur vie professionnelle, le malaise réel ressenti subjectivement est évoqué par 28% des femmes et 10% des hommes. «Les tribunaux s'intéressent d'ailleurs moins à une éventuelle intention de harceler qu'à la façon dont le comportement a été ressenti», souligne Patricia Schultz, directrice du BFEG.

Les faits incriminés sont le plus souvent des remarques et téléphones obscènes. Les présentations d'images pornographiques et les attouchements indésirables sont moins fréquents, alors que le chantage, la contrainte et les viols restent rares. Les auteurs? A 65% des hommes, à 15% des femmes et à 20% des groupes mixtes (ces taux varient selon les comportements concernés).

Le harcèlement sexuel au travail est interdit par plusieurs textes légaux: le Code des obligations, la loi sur le travail et la loi sur l'égalité. C'est principalement à l'employeur de veiller à ce que son personnel ne soit pas harcelé. S'il ne prend pas les dispositions nécessaires, il peut être condamné à verser jusqu'à six mois de salaires à une victime.

Un tiers des entreprises - généralement les grandes - sont aujourd'hui armées dans ce sens. Les autres doivent suivre, note Pascal Couchepin. Le Seco et le BFEG proposent, dans ce but, deux brochures: l'une sur les devoirs des employeurs, l'autre sur les droits des employés. Dans les deux cas, il s'agit surtout d'informations, de conseils ou d'adresses utiles.

«C'est d'abord une question de dignité humaine et de respect d'autrui», souligne le président de la Confédération. Mais, ajoute-t-il, la perte de confiance et la démotivation d'une personne victime de harcèlement aboutissent le plus souvent à sa démission: «Au final, tout le monde y perd, la personne et l'entreprise», regrette-t-il. / FNU

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