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Le canton du Jura toujours prêt à accueillir les deux Ouïgours

Le gouvernement jurassien n'a pas changé d'avis. Il veut toujours accueillir à titre humanitaire les deux Ouïgours de Guantanamo. Il a transmis hier sa prise de position au Conseil fédéral qui devra trancher sur ce dossier sensible.

03 févr. 2010, 04:15

«Il s'agit de manifester notre esprit d'ouverture», a expliqué le ministre jurassien de la Justice Charles Juillard en réitérant l'offre du canton du Jura d'accueillir deux ex-détenus ouïgours de Guantanamo. «Ces deux hommes ne méritent pas le sort qu'il leur est réservé depuis huit ans», a ajouté le ministre devant la presse.

Pour prendre sa décision, le gouvernement jurassien a procédé à une pesée d'intérêts politiques, diplomatiques et économiques. Mais ce sont les considérations humanitaires qui l'ont emporté. La Chine considère ces deux hommes comme dangereux. «Ces gens sont là pour se reconstruire et revivre comme des êtres humains qu'ils sont», a déclaré Charles Juillard.

Le gouvernement n'a pas précisé où ces deux ex-détenus de la base américaine de Guantanamo pourraient s'établir si le Conseil fédéral donnait suite à l'offre jurassienne. Mais il n'y aurait aucun problème d'encadrement ou de logement, a assuré le canton. Delémont ignore quand une décision du Conseil fédéral tombera.

Les deux frères ont signé leur accord pour être transférés en Suisse où ils seront au bénéfice d'un permis B. L'autorisation de séjour sera prise sur le contingent fédéral. «Ils n'auront pas le statut de réfugié», a précisé Charles Juillard. Si le Conseil fédéral accepte leur venue, les deux Ouïgours pourront donc se déplacer librement en Suisse. Mais ils auront besoin d'un visa Schengen pour quitter le pays.

La Confédération prendra à sa charge tous les frais liés à leur séjour jusqu'à leur indépendance financière. Elle exigera des rapports bimensuels au sujet de leur intégration. Ces deux personnes sont disposées à apprendre la langue de la région où ils vivront. Un élément indispensable pour une intégration réussie, selon le gouvernement jurassien.

S'agissant de leur état de santé, les informations émanant d'organisations non gouvernementales (ONG) sont rassurantes même si les deux frères souffrent de syndromes post-traumatiques.

Amnesty International et la Société pour les peuples menacés ont salué cette décision. Elles attendent maintenant du Conseil fédéral qu'il fasse aussi un geste humanitaire comme le Jura à l'égard de ces deux hommes.

Le gouvernement a bénéficié la semaine dernière du soutien d'une très forte majorité du Parlement jurassien. Par 45 voix contre 3, il lui a demandé de maintenir son offre d'accueil.

Reste qu'une partie de la population semble faire preuve d'un certain scepticisme. «Mais je fais confiance aux Jurassiens et à leur sens de l'accueil», a affirmé le ministre démocrate-chrétien. /ats

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