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Le «bon» projet de Couchepin pour développer les crèches

La ville de Lucerne va expérimenter avec les bons de garde pour les enfants. Objectif: dynamiser l'offre dans ce domaine. C'est pour parler du temps que Pascal Couchepin a convié hier les journalistes pour sa traditionnelle sortie de l'île Saint-Pierre, sur le lac de Bienne. Pas de celui qu'il fait - pluvieux - mais celui qui s'écoule. C'était l'objet d'un exposé stimulant sur l'accélération du temps, proposé par Hartmut Rosa, professeur de l'Université de Jena.

31 août 2007, 12:00

Mais comme une réflexion philosophique ne fait pas encore une nouvelle, Pascal Couchepin a veillé à entrelarder sa propre présentation d'informations concrètes. Le lancement d'une étude en vue d'un projet pilote de bons de garde dans la ville de Lucerne a particulièrement retenu l'attention. Il s'agit de tester l'idée de remettre aux parents une somme sous forme de bons qu'ils pourront investir dans la crèche de leurs choix.

La veille, le Conseil fédéral a en effet décidé de modifier l'ordonnance sur les aides financières pour l'accueil des enfants dans ce sens. L'objectif est d'étudier ce qui se passera si on subventionne les parents plutôt que les crèches. «Tout le monde dit qu'on a besoin de crèches, mais on constate que les crédits votés n'ont pas été entièrement utilisés», note le chef du Département fédéral de l'intérieur. Le mode de subvention actuel - le soutien aux créateurs de crèches - est en cause. Il s'agit d'injecter plus de libéralisme et stimuler la demande plutôt que l'offre.

A l'heure actuelle, la ville de Lucerne se penche sur les modalités selon lesquelles un tel projet pilote pourrait être réalisé. Trois variantes de bon sont à l'étude, explique Ludwig Gärtner, le chargé de projet de l'Office fédéral des assurances sociales. La première prévoit que la même somme soit remise à tous les parents. Une deuxième envisage une adaptation de la valeur du bon au revenu. La dernière serait une combinaison: à un bon de base identique pour toutes les familles s'ajouteraient des suppléments pour les familles financièrement plus faibles. De multiples questions doivent être résolues. Il s'agit par exemple de décider si ces bons pourront aussi être utilisés pour des solutions privées: mère de jour, jeunes filles au pair, garde par des proches etc. Pour l'heure, seule la ville de Hambourg a tenté une expérience semblable.

«Il y a eu de nombreux problèmes qu'il a fallu régler», note Ludwig Gärtner. Mais l'affaire a finalement porté ses fruits. Mais comme la municipalité a aussi substantiellement augmenté son effort financier dans ce domaine, il est pour l'heure difficile de savoir quelle part des résultats observés est attribuable aux nouveaux bons de garde. «Cela demande une étude plus approfondie», note Simon Gärtner. La Confédération financera 30% du coût des projets pilote lancés par les communes et les cantons et cela pour une durée de trois ans au plus. Les ressources seront puisées dans le crédit de 120 millions destiné au développement des crèches entre 2007 et 2011 et qui est encore si mal exploité. / ERE

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