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Le bilan pourrait atteindre 200 morts

15 juin 2010, 04:15

De nouveaux affrontements ont éclaté hier dans le sud du Kirghizstan, chassant vers l'Ouzbékistan des flots de réfugiés. Beaucoup accusent les forces régulières d'aider des bandes armées à commettre des massacres qui ont déjà fait au moins 124 tués et plus de 1600 blessés.

A Och, la seconde ville du Kirghizstan, des coups de feu sporadiques claquaient dans les rues où des corps calcinés et des maisons incendiées témoignent de la violence des combats. Un hélicoptère kirghize a survolé Och lâchant des tracts appelant les communautés ouzbèke et kirghize à cesser les combats. A Djalal-Abad, autre ville proche de la frontière ouzbèke, la situation restait aussi tendue et des incendies faisaient rage.

Le gouvernement provisoire a admis hier qu'il peinait à contrôler la situation malgré la mobilisation de l'armée, l'instauration d'un couvre-feu et l'ordre donné aux forces régulières de tirer sans sommation. «Il y a par endroits encore des affrontements. (...) Des groupes armés surgissent à un endroit puis un autre, nous n'avons pas assez de forces», a déclaré Temir Sarïev, chef-adjoint du gouvernement provisoire.

Mais parmi les dizaines de milliers de réfugiés arrivés en Ouzbékistan, beaucoup racontaient que des bandes armées constituées de Kirghiz et soutenues par des hommes en uniforme des forces régulières avaient massacré les Ouzbeks.

«Le ministère kirghiz de la Défense nous a ordonné de ne pas tirer sur des civils. Mais à Och, les militaires et la police ont ignoré ces ordres et aidaient les bandits à tirer sur les civils», a témoigné un officier d'une unité de blindés kirghiz Bakhtior Charipov, lui-même ouzbek.

Les récits de réfugiés, comme les traces de violences visibles dans les rues d'Och, donnent à penser que le bilan est bien plus lourd que les 124 tués et plus de 1685 blessés officiellement recensés en quatre jours. Un responsable de la communauté ouzbèke évoquait plus de 200 tués.

La communauté internationale commence, elle, à se mobiliser pour trouver un moyen de ramener la paix et livrer de l'aide humanitaire, aux réfugiés. Les Etats-Unis cherchent «une réponse internationale coordonnée» aux violences. Le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a lui annoncé l'envoi d'une aide d'urgence en Ouzbékistan pour venir en aide aux réfugiés qui sont, selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), quelque 80 000 en Ouzbékistan et 15 000 bloqués à la frontière.

Par ailleurs, l'Organisation du traité de sécurité collective (ODKB), une alliance militaire de pays d'ex-URSS dont le Kirghizstan est membre, s'est, elle, réunie à Moscou.

Son secrétaire général, Nikolai Bordiouja, a assuré qu'«un contingent de maintien de la paix (...) des troupes communes d'action rapide et des troupes communes de déploiement rapide» pouvaient être déployées par l'organisation. Le président déchu, Kourmanbek Bakiev, s'est dit favorable à une intervention de l'ODKB.

En avril, un soulèvement qui avait fait 87 tués au total avait chassé Kourmanbek Bakiev, portant au pouvoir l'actuel gouvernement provisoire qui a prévu d'organiser un référendum sur une nouvelle Constitution le 27 juin.

Le fils du président déchu a lui été arrêté hier immédiatement après son arrivée en Grande-Bretagne. /ats-afp-reuters

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