La TV a-t-elle payé pour la photo du caillou turc?

Comment la correspondante suisso-turque de la télévision alémanique a-t-elle obtenu le cliché du présumé caillou turc de l'affaire Varone? La question reste pour le moment ouverte.

22 août 2012, 19:05
Vendredi, «Schweizer Fernsehen» faisait sensation en dévoilant ce qui pourrait être la photo de la pierre ramassée par Christian Varone.

La semaine dernière, la télévision alémanique «Schweizer Fernsehen» (SF1) faisait sensation en dévoilant ce qui pourrait être la photo de la pierre ramassée par Christian Varone lors de son voyage en Turquie, objet qui lui a valu de passer plusieurs jours en prison.

Dans le milieu journalistique, la question s’est posée: comment les confrères alémaniques se sont-ils procuré cette fameuse photo? Photo qui, d’ailleurs, n’a pas été formellement identifiée par le commandant de la police cantonale. Les journalistes ont-ils payé pour acquérir cette image? En d’autres termes, est-ce que l’argent de la concession a servi à payer un fonctionnaire turc?

La réponse de la télévision alémanique

La rédaction du «Nouvelliste» a posé la question à la rédaction de la télévision alémanique.

Daniel Pünter, le directeur de la rédaction de l’émission «Schweiz aktuell» précise avoir «reçu la photo du caillou ainsi que le rapport de la part de la correspondante suisso-turque d’Hürriyet, Selma Güven Stroppel.» Cette journaliste travaille en tant qu’indépendante, notamment comme correspondante freelance en Suisse pour le grand quotidien turc «Hürriyet», mais aussi pour d’autres publications européennes.

Pour la question du paiement des informations ainsi obtenues, Daniel Pünter déclare: «La journaliste a reçu des honoraires habituels pour ses recherches. SF n’a pas fourni d’autres paiements en plus des honoraires habituels. Et notez bien que SF a toujours rémunéré des prestations journalistiques. Cela signifie que SF ne paie pas d’honoraires supplémentaires pour des reportages ou des images exclusives. Pour le prouver c’est d’ailleurs simple: SF n’a pas de copyright sur la photo de la pierre turque.»

La journaliste parle

Contactée, Selma Güven Stroppel est étonnée que de nombreux journalistes romands lui posent la même question. Elle explique qu’elle travaille depuis 20 ans en Turquie et qu’elle y connaît tout le monde. «J’ai fait mon travail de journaliste. J’ai actionné mon réseau. Je n’ai rien payé pour cette photo.» Par contre, elle ne révèle rien des sources qui lui ont permis d’obtenir le cliché diffusé en Suisse...