Votre publicité ici avec IMPACT_medias

La traque aux pédophiles reste possible

07 déc. 2010, 04:15

«La Confédération a pris les mesures, en accord avec les cantons, pour qu'au 1er janvier 2011, aucune faille juridique n'apparaisse dont les auteurs d'actes pédophiles pourraient profiter.» Hier après-midi, devant le National, la ministre de Justice et police Simonetta Sommaruga s'est voulue rassurante: selon elle, les policiers pourront continuer de faire de l'investigation secrète sur internet pour tenter d'y débusquer les pédophiles chassant leurs proies sur les «chats» et les forums de discussion.

L'affaire fait grand bruit depuis plusieurs semaines dans les cantons. Ceux-ci déplorent la disparition d'une petite phrase dans le code pénal fédéral unifié qui entre en vigueur le 1er janvier prochain. Jusque-là, ils avaient le droit de se faire passer pour un(e) ado sur un «chat» si «des soupçons reposant sur des faits déterminés indiquent que des infractions particulièrement graves pourraient vraisemblablement être commises».

Dans la nouvelle législation, plus trace de cette surveillance préventive de la Toile, au grand dam des policiers. «Désormais, pour agir, nous devrons attendre qu'un abus sexuel soit commis», dénoncent certains. Simonetta Sommaruga, hier, a tenté de calmer ces craintes: «Nous prenons cette affaire au sérieux, explique-t-elle, mais changer la loi fédérale prendrait trop de temps. Nous privilégions la voie rapide. L'investigation secrète, qui est une tâche de la police, doit être réglée dans les lois cantonales sur la police. Nous sommes d'ailleurs en contact étroit avec eux pour les aider à trouver une solution.»

«Les réponses de Mme Sommaruga nous confortent dans notre volonté de trouver une solution cantonale pour résoudre cet important problème», réagit la conseillère d'Etat vaudoise Jacqueline de Quattro, cheffe de la Direction de la sécurité et de l'environnement. «La police cantonale a d'ailleurs déjà été chargée de préparer un projet de base légale pour combler au plus vite le vide juridique qui s'ouvre le 1er janvier». Zurich, lui, refuse la patate chaude:

«Nous restons convaincus, comme les procureurs et les commandants des polices cantonales, qu'une solution fédérale serait plus indiquée», a expliqué hier le Département zurichois de la sécurité. «D'autant qu'un article de loi est fin prêt» dans un tiroir à Berne. Entre ces deux visions politiques irréconciliables, ce sont donc au final les juges qui trancheront et diront enfin aux policiers ce qu'ils ont le droit d'entreprendre pour traquer les prédateurs sexuels sur le Net.

Berne /Serge Gumy

Votre publicité ici avec IMPACT_medias