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La Suisse doit mieux exploiter son potentiel

26 juin 2010, 04:15

Le tourisme suisse doit mieux exploiter son potentiel. La Confédération a défini une stratégie avec les milieux concernés, sans augmenter les moyens financiers.

En 1950, la Suisse comptait parmi les cinq principales destinations touristiques de la planète. Aujourd'hui elle n'occupe plus que le 27e rang. La mondialisation entraîne une pression concurrentielle croissante et la Suisse doit adapter ses structures en partie obsolètes aux exigences du marché, écrit le Conseil fédéral dans un rapport qui répond à un postulat de Christophe Darbellay.

Fort de cette conviction, il a défini une stratégie de croissance pour la place touristique suisse. Le but est de gagner des parts de marché en respectant les principes du développement durable. La cheffe du Département de l'économie Doris Leuthard a dévoilé hier les grandes lignes de cette stratégie.

Le Conseil fédéral n'a pas réinventé la roue. Il a mis en place des instruments qui devraient assurer une meilleure coordination entre les structures existantes et permettre d'identifier à temps les enjeux stratégiques. Cette dernière tâche sera assumée par le «Forum Tourisme Suisse», une manifestation thématique qui se tiendra une fois par an. «Cette plate-forme débattra notamment des conflits d'intérêts liés au développement durable», explique Eric Scheidegger, directeur suppléant au Secrétariat à l'économie (Seco).

Parallèlement, il s'agit aussi d'améliorer l'attrait de l'offre. Les régions touristiques pourront solliciter l'aide du Seco pour développer des offres innovantes. Des projets modèles seront encouragés, comme par exemple l'expérience faite dans la vallée de Zermatt où plusieurs hôtels se sont regroupés pour le marketing, les achats, la comptabilité et le système de réservation. Innotour a son rôle à jouer dans cette stratégie. Le Conseil fédéral a ouvert hier la procédure de consultation relative à la révision de cette loi qui encourage l'innovation, la coopération et le développement du savoir dans le domaine du tourisme. A l'avenir, la priorité sera donnée au développement et à la diffusion du savoir.

Les milieux touristiques saluent cette stratégie, à laquelle ils ont été associés, mais s'inquiètent des ressources financières à disposition. Pour Christoph Juen, directeur d'Hôtelleriesuisse, il faut allouer des moyens suffisants à l'innovation sans prétériter le travail de promotion à l'étranger effectué par Suisse Tourisme. Doris Leuthard ne laisse planer aucune ambiguïté à cet égard: «La contribution de la Confédération n'augmentera pas», indique-t-elle. Le Conseil fédéral se contentera de stabiliser les montants destinés à Innotour et Suisse Tourisme. La dernière enveloppe quadriennale d'Innotour se monte à 21 millions de francs, celle de Suisse Tourisme à 191 millions.

Le Seco va élaborer des programmes de mise en œuvre pour concrétiser cette stratégie. Histoire de ne pas perturber les projets en cours, le premier programme est prévu pour la législature 2012-2015. Le Conseil fédéral dressera un bilan tous les quatre ans.

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