La police tire sur un ressortissant ivoirien

15 oct. 2010, 04:15

Un ressortissant ivoirien de 22 ans a été blessé à une jambe par un coup de feu tiré par un policier, hier vers 17h25 à Bienne. Les forces de l'ordre ont ouvert le feu alors que l'homme fuyait sous les arcades de l'hôtel Mercure Plaza. La police l'avait sommé à plusieurs reprises de s'arrêter. Les unités spéciales de la police cantonale voulaient procéder à son interpellation dans le cadre d'une procédure pénale pour brigandage qualifié, viol et contrainte sexuelle à Bienne. Il a été emmené à l'hôpital, mais ses jours ne sont pas en danger. La porte-parole de la police cantonale, Florie Marion, n'a pas souhaité dire s'il y a un lien entre cette arrestation et la mort d'une prostituée brésilienne lundi.

Selon plusieurs témoins, les pandores ont tiré sur le fugitif alors qu'il leur tournait le dos et qu'il ne portait pas d'arme sur lui. «Il n'était pas armé. D'ailleurs, comment aurait-il pu l'être puisqu'il avait déjà été contrôlé par les forces de l'ordre dans l'après-midi, puis relâché», révèle Eric Guy, un citoyen biennois d'origine africaine, qui était à 50 mètres des lieux au moment des faits. En compagnie d'une vingtaine de compatriotes, il a ensuite manifesté son soutien au blessé aux abords de l'hôtel. Selon Eric Guy, «cet homme ne ferait pas de mal à une mouche».

Florie Marion n'a pour sa part pas confirmé si l'homme était armé ou non, mais a vigoureusement démenti l'information selon laquelle l'homme avait déjà été interpellé durant l'après-midi, puis relâché. La porte-parole précise que l'homme appréhendé encourt jusqu'à dix ans de peine privative pour les faits qui lui sont reprochés.

L'arrestation du jeune Ivoirien a semé l'émoi au sein de la communauté africaine. Hier soir, la vingtaine de manifestants ont exprimé leur révolte face à ce qu'ils qualifient de «bavure policière». Une confrontation entre les manifestants et les forces de l'ordre, qui ont sécurisé le périmètre fermé durant près de trois heures, a pu être évitée grâce à la médiation des membres de la brigade Sécurité, Intervention, Prévention qui s'étaient rendus sur les lieux par hasard.

La justice n'a pas ouvert d'enquête. De son côté, la police cantonale va tenter d'établir les circonstances exactes des événements qui se sont déroulés hier soir. /vbo