La gauche se pose en arbitre du duel Burkhalter-Schwaller

La gauche entend jouer jusqu'au bout son rôle d'arbitre dans la course à la succession de Pascal Couchepin au Conseil fédéral. Le PS comme les Verts se refusent à trancher entre Urs Schwaller, le favori du PDC et Didier Burkhalter, le candidat du PLR qui leur convient le mieux.
31 août 2009, 12:09

U ne chose est par contre d'ores et déjà certaine: le Genevois Christian Lüscher, qui figure aussi sur le double ticket libéral-radical désigné vendredi, n'est pas en odeur de sainteté à gauche. «Il n'a pas l'ombre d'une chance au PS», a indiqué à l'ATS la cheffe du groupe parlementaire Ursula Wyss.

Chez les Verts, qui ont renoncé vendredi à présenter un candidat, on n'est guère plus tendre. «Christian Lüscher est à des centaines de kilomètres de nos préoccupations», déclare à titre personnel le président du parti Ueli Leuenberger. Interrogé sur la préférence des Verts entre le Neuchâtelois Didier Burkhalter, second nom inscrit sur le ticket PLR, et le Fribourgeois Urs Schwaller, favori chez les démocrates-chrétiens, M. Leuenberger ne tranche pas. Tout au plus confie-t-il que «certains membres du groupe accordent plus de poids à la personnalité et d'autres à l'appartenance partisane». «Nous allons analyser ce que les candidats ont à offrir en faveur du green new deal», indique encore le président des écologistes en précisant avoir déjà forgé sa propre opinion. Les Verts comme les socialistes n'arrêteront leur choix qu'après avoir auditionné les papables.

Ce sera fait en principe le 8 septembre pour les premiers, et seulement le 15 septembre, soit la veille de l'élection, pour le PS. La personnalité, les idées et les positions des candidats seront déterminantes, précisent les socialistes.

Pour Caspar Baader, chef du groupe UDC, le choix d'un double ticket libéral-radical constitue une manœuvre tactique. «J'ai l'impression que la volonté du PLR est de faire entrer Didier Burkhalter au Conseil fédéral», résume-t-il. D'après M. Baader, il faut comprendre la désignation de Christian Lüscher, bien ancré à droite, comme «une concession à l'UDC». Aux yeux de certains UDC, M. Lüscher est en effet le seul prétendant libéral-radical éligible, ajoute-t-il.

Caspar Baader refuse toutefois d'accorder trop d'importance aux nominations par les groupes. «Je peux tout à fait m'imaginer que tout à coup, l'ensemble des prétendants se déclarent à nouveau à disposition, y compris Fulvio Pelli». L'UDC se réserve enfin toujours «la possibilité de lancer une candidature propre». La pression au sein du groupe pour un tel scénario a même encore augmenté après la séance de vendredi, selon M. Baader. Aucune décision ne tombera avant le 8 septembre et la désignation de l'unique candidat démocrate-chrétien.

Si aucun prétendant supplémentaire ne s'annonce d'ici lundi, le groupe PDC aura à choisir entre les Fribourgeois Urs Schwaller et Dominique de Buman pour tenter de reconquérir le siège perdu en 2003 par Ruth Metzler. Pour le président du PDC, Christophe Darbellay, qui tablait depuis longtemps sur un duel final Pelli-Schwaller, le choix du PLR constitue «une relative surprise»: «Nous ne nous attendions pas à ce que Fulvio Pelli soit écarté si clairement». L'annonce a d'ailleurs fait les gros titres de la presse outre-Gothard, le Giornale del Popolo évoquant une «gifle au Tessin». «Des deux candidats désignés par le PLR, Didier Burkhalter me semble le plus solide», a déclaré M. Darbellay. Le démocrate-chrétien valaisan continue de croire en les chances de son parti: «Elles sont de 50/50». /ats