«La faim dans le monde n'est pas une fatalité»

18 oct. 2010, 12:03

Micheline Calmy-Rey a appelé les gouvernements du monde entier à faire plus d'efforts pour lutter contre la faim. Le droit à une alimentation convenable fait partie des droits de l'homme, a-t-elle déclaré lors d'un rassemblement à Berne auquel ont participé des centaines de personnes.

«La faim dans le monde n'est pas une fatalité», a déclaré samedi la conseillère fédérale aux participants réunis sur la Place fédérale à l'occasion de la Journée mondiale de l'alimentation. C'est aux gouvernements de lutter, par une politique intelligente, contre la faim, qui tue chaque jour 24 000 personnes. La ministre socialiste a rappelé que le Conseil fédéral entend débloquer davantage d'argent pour l'aide publique au développement. Le gouvernement veut que la Suisse consacre 0,5% de son revenu national brut à l'aide au développement d'ici 2015. Il a présenté en septembre un projet au Parlement, qui doit encore se prononcer. En 2009, cette proportion était de 0,47%.

Le rassemblement, organisé par l'Alliance contre la faim, a débuté par une minute de silence sur la Place fédérale. Une sirène a retenti à 15h59. Malgré la pluie et le froid, les participants se sont accroupis en signe de protestation contre le phénomène de la faim. «Nous protestons contre le fait insupportable qu'une personne meure toutes les trois minutes et demi des conséquences de la faim», a dit la comédienne alémanique Heidi Maria Glössner, lisant un extrait d'un «manifeste contre la faim». L'Alliance contre la faim appelle chaque personne en Suisse à modifier son comportement. Celui qui achète des produits locaux, réduit sa consommation de viande ou est attentif au commerce équitable lors d'achat de produits exotiques permet d'améliorer la situation alimentaire des pays en développement.

L'élimination de l'extrême pauvreté et de la faim d'ici 2015 est l'un des huit objectifs du Millénaire pour le développement. Plus d'un milliard d'êtres humains souffrent de ce fléau de manière chronique, a rappelé l'ONG. /ats