La crise de CFF Cargo est toujours dans l'impasse

Le conflit entre les employés de CFF Cargo et leur direction n'a toujours pas trouvé d'issue. Malgré plusieurs rencontres durant le week-end pascal, les grévistes de Bellinzone et la direction des CFF ne sont pas parvenus à un accord. Les employés tessinois sont en grève au moins jusqu'à aujourd'hui. Les CFF ont interrompu hier soir les négociations avec les grévistes des ateliers de CFF Cargo à Bellinzone. Ils accusent les syndicats de violer les conditions posées pour la table ronde voulue par le Conseil fédéral. Les grévistes, de leur côté, ont annoncé que la grève se poursuivait. Ils ont dénoncé la rigidité de l'ex-régie fédéral qui aurait fait échouer les pourparlers, la direction n'étant pas prête à donner des garanties sur le maintien des postes de travail à Bellinzone. Le personnel de CFF Cargo devrait décider aujourd'hui de la suite du mouvement lors d'une nouvelle assemblée.

25 mars 2008, 12:00

Les pourparlers entamés depuis 15h avec la direction du groupe dans un hôtel à Berne se sont prolongés beaucoup plus tard que prévu. Tandis que les CFF se refusaient à tout commentaire en cours de négociation, les grévistes ont posé un ultimatum au patron des CFF Andreas Meyer. Ils ont menacé de quitter la table des négociations si aucune solution n'était trouvée hier, a déclaré aux employés de Bellinzone le secrétaire d'Unia Matteo Pronzini en duplex de Berne. Si les grévistes n'obtiennent pas de garanties pour l'avenir du site de Bellinzone, ils chercheront cette semaine le dialogue avec «quelqu'un d'autre», a précisé le membre du comité de grève. Le syndicaliste n'a pas précisé à qui il pensait.

Les grévistes tessinois de CFF Cargo réclament des garanties sur l'avenir des ateliers de Bellinzone. S'ils les obtiennent, ils mettront un terme à la grève entamée le 7 mars, ont-ils promis. En attendant, ils se sentent roulés dans la farine par la direction du groupe. Selon eux, le patron des CFF Andreas Meyer ne veut pas reconnaître que les ateliers industriels tessinois sont rentables.

L'an dernier, ils ont dégagé un bénéfice net de 3,7 millions de francs, a rappelé le comité de grève. Selon lui, la direction du groupe a exprès présenté des chiffres incorrects pour donner une fausse image de la situation à Bellinzone. Le comité assure avoir présenté des propositions concrètes pour l'avenir des ateliers.

Dimanche, les grévistes avaient reçu le soutien de l'évêque de Lugano, Mgr Pier Giacomo Grampa, qui a invité les employés au dialogue. «Votre grève a déjà changé beaucoup de choses», a dit Mgr Grampa lors de sa messe pascale célébrée dans les ateliers des CFF. «Je prie pour que vous trouviez maintenant des solutions nouvelles et valables», a-t-il dit. Le président du comité de grève Gianni Frizzo a montré de la compréhension pour l'appel au dialogue lancé par l'évêque mais a répliqué: «Dans le public, on ne perçoit que la manière dont le patron des CFF nous tend la main, mais on ne voit pas qu'il tient un pistolet dans l'autre main». /ats