La commune de Collombey-Muraz dépose plainte contre les gitans

La commune de Collombey-Muraz (VS) a décidé de porter plainte, suite au passage de quelque 400 gitans du 22 au 29 juillet, dans le Chablais.

07 août 2012, 15:30
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La plainte déposée par la commune de Collombey-Muraz, suite au passage de quelque 400 gitans du 22 au 29 juillet, concerne plus précisément une pollution des eaux. «Les captations d’eau potable citerne situées à quelque 700-800 mètres du champ squatté, au lieu-dit «Le Crêt» ont nécessité un traitement. Afin d’éviter une contamination, ce réservoir a été sorti du réseau communal», précise, tout en voulant rassurer la population, le municipal et conseiller national Yannick Buttet. Suite aux intempéries de ces derniers jours, de nouvelles analyses sont prévues.

Réuni lundi soir en séance extraordinaire, l’Exécutif collombeyroud a longuement traité de l’affaire. «Nous avons le sentiment d’une justice à deux vitesses», souligne l’élu. «Désormais, nous ne voulons plus revivre pareil cas sans que des mesures soit prises. Nous allons donc interpeller le canton du Valais et la Confédération en ce sens, afin que des mesures claires et efficaces soient prises. Dans cette affaire, les coûts indirects pour la Commune sont réels.»

Calculer le préjudice

Une éventuelle aide financière à l’agriculteur Simon Turin n’est pas à exclure, bien qu’elle ne soit pas – pour l’heure – d’actualité. Le Conseil veut d’abord connaître le montant réel des préjudices et le coût des travaux effectués par leur service de la voirie (nettoyage des routes communales) et celui de leurs homologues de Monthey (voir ci-dessous). Il entendra également le règlement par la justice des plaintes déposées par les agriculteurs concernés (dommages à la propriété et violation du domicile) pour se prononcer.

Enfin, la commune va proposer à son alter ego montheysanne et à l’Etat du Valais «d’avoir une réaction coordonnée face aux attaques de Maître Jean-Luc Addor dans cette procédure puisque notre probité est remise en cause», dixit Yannick Buttet. «Nous, pouvoirs publics, nous devons nous montrer solidaires et pas nous tirer dessus.»

Monthey réagit

De son côté, la municipalité de Monthey a – enfin - pris position dans ce dossier. Dans un communiqué, cette dernière tance Simon Turin qui a parlé de «désastre écologique». «Selon le constat effectué par le responsable de l’environnement de la Ville de Monthey, on ne peut pas parler de site contaminé à assainir, même si les déjections humaines trouvées peuvent conduire à une perte d’exploitation.»

Pour Fernand Mariétan, les données sont claires. «Je comprends tout à fait l’exaspération et le sentiment de révolte que ce genre d’évènement peut provoquer. Un arrangement a été conclu, bon gré, malgré. A partir de là et jusqu’au départ des gens du voyage, aucun grief ne peut être valablement pris en considération.» Le président tient également à rappeler que «la Ville n’a pas été saisie d’une demande d’expulsion et qu’aucun règlement de police ne peut trouver d’application sur un terrain privé lorsque les intéressés ont trouvé un arrangement. C’est à bien plaire et compte tenu de l’émotion provoquée que la Commune de Monthey a pris sur elle de remettre les lieux en état.»

Quinze heures de travail (cinq personnes pendant trois heures) auront été nécessaires aux employés des Travaux Publics pour nettoyer les déchets inertes. Hormis ces matières organiques laissées à décomposition sur place, tout a pratiquement été évacué jeudi dernier.

Une réflexion qui avance…

Politiquement, Yannick Buttet prépare une intervention parlementaire qu’il déposera devant le Conseil national, en septembre, lors de la session d’automne. Par son action, le politicien espère la création d’une base légale, bien que certains partis, le PLR en tête, estime celle-ci déjà suffisante. «Je veux que l’on reconnaisse l’existence de cette problématique afin qu’on puisse la régler, que l’on renforce la notion de propriété privée, que l’on augmente les moyens à disposition de la police et que l’on résolve la question des conditions d’accueil des gens du voyage.»