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La commission d'enquête israélienne fortement critiquée

Israël espérait hier atténuer les pressions internationales déclenchées par le raid sanglant contre une flottille d'aide pour Gaza avec la création d'une commission d'enquête au mandat limité. Cette annonce suscite le scepticisme des médias.

09 juin 2010, 04:15

«Il a été décidé que la commission qui sera créée examinera deux questions: est-ce que le blocus maritime est conforme au droit international et est-ce que l'opération que nous avons lancée contre la flottille est, elle aussi, conforme au droit international?», a expliqué le ministre Benny Begin, membre du cabinet de sécurité. En attendant, l'armée a entamé sa propre enquête interne en créant une «équipe d'experts», composée de généraux de réserve

L'examen de la responsabilité du premier ministre Benjamin Netanyahu et du ministre de la Défense Ehud Barak, qui ont donné le feu vert à l'opération lancée dans les eaux internationales ne sera pas à l'ordre du jour de la commission. Elle n'aura pas non plus le mandat d'interroger les soldats et officiers qui ont participé à l'opération qui a coûté la vie à neuf passagers turcs.

La communauté internationale exige, elle, une commission d'enquête indépendante, au mandat beaucoup plus large, avec des experts étrangers pour en assurer la crédibilité. L'essentiel pour le gouvernement israélien est de trouver un compromis qui pourrait satisfaire Washington et convaincre les Etats-Unis de bloquer toute tentative de condamnation d'Israël au Conseil de sécurité de l'ONU à l'initiative de la Turquie.

Le premier ministre russe Vladimir Poutine a affirmé hier que la Russie a l'intention de porter la question d'une enquête devant l'ONU. Le raid a eu lieu en eaux internationales, c'est pourquoi il doit faire l'objet d'une enquête, estime Moscou.

Selon les médias israéliens, qui se montrent très critiques sur l'efficacité d'une commission telle qu'envisagée par Jérusalem, cette dernière sera composée de juristes et d'anciens hauts diplomates israéliens tandis que deux juristes étrangers devraient être désignés comme «observateurs».

Plusieurs juristes israéliens renommés contactés par le gouvernement ont refusé d'intégrer cette commission en raison de son mandat trop limité, selon la radio militaire. Un ancien ministre de la Justice et juriste reconnu, Amnon Rubinstein, a ainsi affirmé que «de même qu'il existe du café sans caféine, il existe des commissions d'enquête sans enquête».

Le «Yediot Aharonot», le quotidien le plus vendu du pays, titre en Une sur une «commission light». Pour le commentateur politique de la radio publique Yaron Dekel, «tout cela va se résumer à une minivérification». /ats-afp

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