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La Comco oppose son veto à la fusion entre Orange et Sunrise

La Commission de la concurrence (Comco) a interdit aujourd'hui la fusion entre Orange (France Télécom) et Sunrise (TDC), arguant que le duopole constitué avec Swisscom aurait empêché toute concurrence effective. La FRC crie victoire, alors que les maisons mères des deux opérateurs touchés se disent «déçues».

22 avr. 2010, 15:58

La fusion entre Orange et Sunrise a été interdite car elle aurait constitué «un cas d'école de position dominante collective», a expliqué aujourd'hui Walter Stoffel, président de la Commission de la concurrence (COMCO), devant la presse à Berne.

Selon lui, le duopole constitué entre l'entité Orange-Sunrise, qui aurait détenu 40% du marché suisse, et Swisscom n'aurait été  confronté à «aucune incitation à se faire concurrence». Au  contraire, les deux forces en présence auraient visé «un maintien de leur position», a déclaré Walter Stoffel.

Il leur aurait été plus avantageux de maintenir un niveau de prix élevé que de s'attaquer chacune à sa concurrente dans le but de lui prendre des parts de marché, selon le patron du gendarme de la concurrence. La fusion aurait ainsi «renforcé la position dominante de Swisscom».

Sunrise, «le plus actif»
Le duopole aurait également constitué un «équilibre stable et  étanche face à toute nouvelle entrée sur le marché». La spécificité du secteur de la téléphonie mobile rend peu probable l'entrée sur le marché d'un nouveau concurrent, contrairement à celui du commerce de détail, dont les barrières économiques sont moins élevées, a expliqué Walter Stoffel.

«La présence de trois concurrents indépendants est une condition essentielle pour la concurrence» a souligné Walter Stoffel, en expliquant que ce nombre permet de garder un certain dynamisme dans le marché suisse. Selon la Comco, ce dernier reste ainsi ouvert pour  les innovations, alors qu'il est «bloqué» par le duopole. La Comco déplore également la disparition de Sunrise, «l'opérateur le plus actif».

Les synergies prévues, qui auraient dû profiter aux  consommateurs, n'ont pas été jugées suffisantes par les enquêtes de  la Comco pour promouvoir la concurrence et compenser les  désavantages du duopole.

Les maisons mères déçues
Les maisons mères des opérateurs Orange et Sunrise, France  Telecom et le groupe danois TDC, se disent jeudi «déçus et surpris»  par la décision de la COMCO d'interdire la fusion de leurs filiales  suisses. Ils la considèrent comme négative pour le consommateur.

Dans un communiqué commun, les deux groupes et leurs filiales  respectives disent avoir espéré fermement que la proposition de  fusion bénéficie au consommateur suisse. En l'absence de cette  opération, la position dominante de Swisscom sur le marché suisse  des télécommunications est pérennisée, dénoncent-ils.

Sunrise est le deuxième opérateur de télécommunications en  Suisse, avec 2,9 millions de clients qui utilisent ses services.  Orange, troisième opérateur du pays, dessert 1,5 million de clients.

Les deux entreprises examinent d'éventuelles suites à donner à la  décision de la COMCO. Ils peuvent faire recours au Tribunal  administratif fédéral (TAF), comme dans l'épisode récent d'une  amende de Swisscom cassée par les juges.

A la Bourse suisse, l'action Swisscom cédait 1,4% à 391,2 francs  jeudi à la mi-journée, se redressant après être tombée de près de 3%  vers 10h. /ats

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