L'Iran et la Syrie accusés

Pour les Israéliens, l'Iran et la Syrie seraient à l'origine de l'attentat de Tel-Aviv, qui a fait 19 blessés. Le Hamas et le Fatah au coude à coude lors des législatives palestiniennes «L'attentat a été financé par Téhéran, planifié en Syrie et perpétré par des Palestiniens», a déclaré le ministre israélien de la défense, Shaoul Mofaz, lors d'une consultation sécuritaire après l'attentat, a-t-on appris hier de source proche du ministère de la défense.

21 janv. 2006, 12:00

Un kamikaze palestinien s'est fait exploser jeudi dans une buvette de Tel-Aviv, blessant dix-neuf personnes, dans le premier attentat suicide en Israël depuis le début de l'année, à six jours des législatives palestiniennes. Le mouvement radical Jihad islamique l'a revendiqué. «Nous disposons de preuves sans équivoque montrant que l'Iran a fourni l'argent, que le commandement (du Jihad islamique) à Damas à donné les ordres et que l'infrastructure du Jihad islamique à Naplouse a mené l'attaque terroriste», a ajouté le ministre.

Visite contestée

Il a accusé le président syrien, Bachar al-Assad, et son homologue iranien, Mahmoud Ahmadinejad, d'avoir tenu un «sommet terroriste» jeudi à Damas. Le leader iranien y a entamé une visite officielle de deux jours. De son côté, Raanan Gissin, collaborateur du premier ministre Ariel Sharon, a affirmé que les preuves incriminant Téhéran et Damas avaient été transmises aux Etats-Unis et à l'Europe. Elles doivent inciter les puissances à agir contre ces deux pays.

Au coude à coude

Dans ce contexte tendu, la campagne pour les élections législatives palestiniennes de mercredi prochain se poursuit. Selon un sondage publié hier, le parti au pouvoir, le Fatah, et le groupe radical Hamas seraient au coude au coude. Ils recueillent respectivement 32,3% et 30,2% des intentions de vote. Sur le terrain, l'armée israélienne a dispersé à coups de gaz lacrymogènes et de matraques des centaines de manifestants qui protestaient contre le mur israélien en Cisjordanie, ont indiqué des témoins. Plusieurs manifestants ont été légèrement blessés et d'autres ont été arrêtés.

Présentée par Israël comme une «clôture antiterroriste», la barrière est jugée illégale par la Cour internationale de Justice (CIJ) qui a exigé son démantèlement, tout comme l'a fait ensuite l'Assemblée générale de l'ONU. / ats-afp-reuters

Pour un retrait de Cisjordanie

Selon un sondage publié hier dans le quotidien «Maariv», 51% des Israéliens disent soutenir un retrait unilatéral de Cisjordanie. Ils invoquent pour expliquer leur décision l'incapacité des dirigeants palestiniens à négocier avec Israël.

Par ailleurs, le parti travailliste israélien est favorable à l'idée de céder des quartiers musulmans de Jérusalem dans le cadre d'un accord définitif avec les Palestiniens, a rapporté hier un parlementaire de cette formation. C'est la première fois qu'un grand parti israélien se dit prêt à renoncer à des secteurs de Jérusalem dans le cadre d'un campagne électorale.

D'autre part, deux sondages publiés hier montrent que le nouveau parti centriste Kadima, qu'a fondé Ariel Sharon, dans le coma depuis son accident cérébral du 4 janvier, dominera la Knesset après les législatives du 28 mars. Il remporterait 43 sièges sur 120 au parlement.

Le Parti travailliste gagnerait du terrain avec 20 représentants, selon «Maariv», 21 selon le «Yedioth Ahronoth». Quant au Likoud de l'ancien premier ministre conservateur Benjamin Netanyahou, il n'obtiendrait que 12 mandats, d'après les deux journaux. / ats-reuters-ap