L'interdiction de fumer nuit gravement aux casinos

13 mai 2009, 04:15

L'interdiction de fumer dans plusieurs cantons a fait fondre les gains des casinos en 2008. Pour la première fois, les 19 maisons de jeux établies en Suisse ont vu leur produit brut reculer de 2,7% à 992 millions de francs. Les tournois de poker sont aussi pointés du doigt.

«Les interdictions de fumer liées aux effets de la crise ont nettement influencé le développement des casinos», a expliqué hier Daniel Frei, président de la Fédération suisse des casinos (FSC). Selon lui, plus de 50% de la clientèle des casinos est fumeuse contre 29% en moyenne. Au vu de ces résultats, la FSC demande donc une application de l'interdiction de fumer plus supportable pour les maisons de jeux. Certains établissements ont cependant vu leurs gains augmenter sur l'année. Montreux arrive en tête avec une hausse de 5,6% à 122 millions de francs de produit brut réalisé. Les casinos de Fribourg (+10,6% à 28 millions) et Courrendlin (+17,6% à 16 millions) ont également connu une embellie.

Les tournois de poker organisés par des tiers sont aussi dans la ligne de mire de la FSC. Cette dernière critique ouvertement ces compétitions qui ont lieu hors juridiction et sans contrôle.

Une autre concurrence guette aussi les casinos avec la levée de l'interdiction d'exploiter des jeux de hasard sur internet. Aujourd'hui, l'interdiction des jeux de hasard sur les réseaux de communication électroniques peut être facilement contournée et les jeux illégaux proposés par des prestataires étrangers fleurissent.

Le Conseil fédéral a récemment décidé d'assouplir la loi à cet effet. La FSC souhaite que les concessions pour ces casinos virtuels reviennent aux établissements «classiques», les plus à même selon elle de fournir des prestations fiables. L'initiative de la Loterie romande «Pour des jeux d'argent au service du bien commun» n'est pas non plus du goût de la FSC. Selon les initiants, il est question d'éviter une privatisation des gains des loteries et des autres jeux d'argent afin que les bénéfices continuent d'être attribués à des projets culturels, sportifs ou sociaux.

Mais pour Daniel Frei, l'initiative cherche surtout à cimenter le monopole des grandes sociétés de loterie et cherche à déplacer la compétence de la Confédération en la matière vers les cantons.

L'an dernier, l'impôt sur les maisons de jeu a rapporté 517 millions de francs. Quelque 400 millions ont été versés au profit de l'AVS et 56 millions aux cantons grâce aux casinos de type B. /ats

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