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L'éviction de l'UDC grisonne est désormais inévitable

En décidant par 84 voix contre 13 de lancer la procédure d'exclusion, le comité central du parti a anéanti définitivement tout espoir pour la section cantonale d'Eveline Widmer-Schlumpf. Un peu plus d'un tiers de voix: c'est le mince espoir auquel le président ad intérim de la section cantonale grisonne de l'UDC s'agrippait encore lorsque le Comité central de l'UDC a débuté samedi. Une petite trentaine de voix. Il faut en effet une majorité qualifiée de deux tiers des voix pour que l'expulsion devienne un jour effective

19 mai 2008, 12:00

Une heure et demie plus tard, cet espoir vole en éclats. Le score est sans appel: 84 voix contre 13 en faveur de l'ouverture de la procédure d'exclusion. «Et cette fois-ci, la sectionne grisonne votait encore», souligne Toni Brunner, avec une cruauté à peine voilée. Le 1er juin, lorsque, le Comité central statuera sur l'exclusion, les Grisons ne pourront en effet que présenter leur défense: mais ils voteront déjà plus. Aucune chance dés lors d'atteindre la minorité de blocage.

L'affaire a été rondement menée. Et pour cause, «Il n'y a eu aucun argument nouveau au cours de la discussion», observe le Neuchâtelois Yvan Perrin, vice-président romand de l'UDC suisse. Seuls les Grisons et quelques Bernois ont une nouvelle fois ouvertement critiqué la mesure proposée. Et au moment du vote, quelques voix éparses venues de Vaud et de Glaris sont encore venus s'ajouter à celles des sections rétives à l'idée de l'expulsion. «Ils étaient déjà résignés», observe Claude-Alain Voiblet, coordinateur romand de l'UDC.

«En fait, le principe de l'expulsion de Mme Widmer-Schlumpf n'est plus vraiment contesté. Ce qui suscite encore discussion, c'était l'éviction de toute une section», note Yvan Perrin. Et ce n'est manifestement qu'une préoccupation de cadres dirigeants, «Plus vous descendez vers la base du parti, moins la question de l'expulsion est contestée», analyse Claude-Alain Voiblet. Du coup, le recours que la section grisonne déposera sans aucun devant l'Assemblée des délégués du parti est déjà voué à l'échec.

Du coup, l'idée d'une démission volontaire d'Eveline Widmer-Schlumpf afin d'éviter de sanctionner toute l'UDC grisonne a refait surface dans les médias ce week-end. La perspective de la création d'une section grisonne blochérienne alimente les spéculations. «Il y a pas mal d'élus des Grisons qui doivent se demander s'ils seront réélus si le parti se divise», estime Claude Voiblet. La perspective de devoir réaliser «l'opération Bubenberg» - la création d'un parti rassemblant les modérés - ne doit pas enchanter ceux qui l'ont envisagé, ironise Yvan Perrin.

La conseillère fédérale a en outre toujours clairement refusé l'option d'une démission. Ce serait en effet un véritable suicide politique pour elle. A l'UDC suisse, on en est d'ailleurs pleinement conscient. «Si Eveline Widmer-Schlumpf démissionnait maintenant, elle trahirait tous ceux qui l'ont soutenue», analyse Yvan Perrin. «Cela voudrait dire qu'elle ne se représente pas dans quatre ans», surenchérit Claude-Alain Voiblet.

En outre, la démission ou une suspension de son statut de membre n'apparaît déjà splus comme la panacée aux yeux de la direction nationale du parti. «Car qu'est ce qui l'empêcherait de redemander son admission quelques semaines plus tard?», s'interroge Yvan Perrin. «Toute la procédure d'expulsion serait alors à recommencer». Bref, la traversée du désert semble désormais inévitable pour l'UDC grisonne. / ERE

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