L'EPFZ et l'Uni ZH veulent à nouveau des singes comme cobayes

Des chercheurs de l'EPFZ et de l'Université de Zurich veulent à nouveau mener des expériences sur des primates afin d'étudier les maladies neuropsychiatriques. Les deux établissements ont déposé une demande auprès de l'Office vétérinaire cantonal.

20 sept. 2014, 11:23
epa03505076 Darwin, a seven and a half month old Japanese snow macaque monkey sits in a cage after being apprehended by the Toronto Animal Services after escaping from an auto in the parking lot of a local Ikea store in Toronto, Canada, 09 December 2012. The monkey was found wandering the parking lot wearing a miniature Shearling coat and diapers while owner Yasmin Nakhuda shopped. Darwin was sent to an area primate sanctuary for an indefinite stay.  EPA/TORONTO ANIMAL SERVICES HANDOUT   EDITORIAL USE ONLY/NO SALES

L'EPFZ et l'Uni de Zurich veulent à nouveau mener des expériences sur des singes. Deux à trois macaques seraient ainsi utilisés comme cobayes pendant trois ans pour des recherches sur les processus cérébraux. Les deux hautes écoles ont déposé une demande auprès de l'Office vétérinaire cantonal au printemps dernier.

Plus aucune expérience sur des primates n'a été menée depuis 2009 dans ces deux établissements, a indiqué l'Université de Zurich, revenant sur une information du "Tages-Anzeiger". A cette date, le Tribunal fédéral avait confirmé le veto des autorités cantonales zurichoises d'utiliser des macaques dans deux projets d'expérimentation.

Les chercheurs veulent étudier les maladies neuropsychiatriques telles que la schizophrénie ou le trouble bipolaire. Les deux hautes écoles souhaitent utiliser des macaques, car "ces animaux ont un cortex préfrontal d'une structure assez similaire" à ceux des humains", précise l'uni.

Electrodes dans le cerveau

Les chercheurs veulent implanter des électrodes sur les macaques pour mesurer l'activité de leur cerveau. Les implants mesurent "quelques millimètres et seraient placés sur les animaux au cours d'une opération réalisée en suivant les normes médicales humaines", argumente la Haute école.

"Le crâne est ensuite à nouveau complètement fermé et les animaux ne remarqueront pas les implants", poursuit-elle. Des appareils similaires sont placés sur des patients atteints de la maladie de Parkinson pour faire cesser paralysie et tremblements.

Pendant les expériences, la tête des singes est maintenue fixe au moyen d'une installation ad hoc. Les militants des droits des animaux dénoncent cette pratique. La même procédure devait être utilisée dans les projets précédents, qui ont avorté en 2009.

La commission cantonale sur l'expérimentation animale avait alors brandi le carton rouge. Elle s'était opposée aux deux permis délivrés en 2006 par le vétérinaire cantonal, considérant que la dignité de l'animal n'était pas respectée. Le Tribunal fédéral avait fait ensuite une pesée des intérêts et avait estimé que la dignité des êtres vivants avait plus de valeur que le gain escompté de connaissances.

Selon les chercheurs, "la durée des expériences est désormais réduite de moitié, en moyenne une heure et demie par jour". Même réduites, ces expériences livrent une foule de données grâce à l'utilisation d'algorithmes, plaident-ils.