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L'école, lieu d'amitié interethnique

Une étude lucernoise révèle que l'école contribue au dépassement des frontières entre les communautés. Les choses se gâtent par la suite Les jeunes étrangers ne veulent pas rester entre eux. Ils cherchent à entrer en contact avec les Suisses de leur âge, mais ce n'est pas toujours facile, révèle une étude de la Haute Ecole de travail social de Lucerne.

13 août 2006, 12:00

«La situation n'est pas dramatique, bien au contraire», explique Eva Mey, directrice de la recherche réalisée sur mandat de la Commission fédérale des étrangers. Nous avons le sentiment que les contacts sociaux entre jeunes se passent en général bien».

Le sentiment d'appartenance est très fort chez les jeunes migrants. Ils se sentent à la maison ici et la Suisse est leur patrie, poursuit la scientifique. Cela ne les met pas pour autant à l'abri des discriminations.

Quarante-deux entretiens

L'étude menée dans la commune lucernoise d'Emmen et publiée jeudi montre l'importance d'être en réseau avec les Suisses pour la jeune génération issue de l'immigration. Les chercheurs ont mené 42 entretiens approfondis auprès d'adolescents âgés entre 15 et 18 ans d'origine italienne, portugaise, kosovo-albanaise, serbe et suisse.

L'école apparaît comme le lieu privilégié du dépassement des frontières ethniques. C'est là qu'on noue le plus facilement amitié. Les enfants apprennent dès leur jeune âge à aborder les migrants sans préjugés, souligne Eva Mey. Le corps enseignant joue un grand rôle dans cette ouverture, souligne-t-elle: «Si les maîtres sont à l'aise avec les jeunes étrangers et les respectent, cela déteindra sur les classes».

Mais ces rapports privilégiés ne se prolongent pas toujours une fois la scolarité terminée. Il devient plus difficile pour les adolescents de tisser des liens en dehors de leur groupe ethnique. La tâche est particulièrement ardue pour les jeunes qui ne trouvent pas de place d'apprentissage ou qui sont membres d'un «groupe stigmatisé».

Famille élargie

Il existe une hiérarchie entre les jeunes et elle reflète celle des adultes, explique Eva Mey. On trouve en bas de l'échelle les ressortissants des Balkans, le groupe des Albanais étant le plus stigmatisé. L'étude montre aussi que les jeunes trouvent sécurité et chaleur au sein de la famille élargie. Ce cercle revêt une grande importance et ils y passent une bonne partie de leur temps libre.

Les migrants de la génération montante jouissent également d'une certaine stabilité dans leur voisinage. Les sociétés sportives créent aussi des réseaux importants de contact, en particulier les clubs de football. Les adolescents peuvent donner toute leur mesure dans cet environnement «et y jouer un rôle déterminant», précise encore Eva Mey. /ats

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