L'avenir de l'AVS devrait passer par le peuple

La 11e révision de l'AVS semble vouée au référendum, quelle que soit la version qu'adoptera le Parlement. La gauche a redit hier que la seule possibilité de l'éviter serait de suivre ses propositions, qui n'ont aucune chance de passer. Pas de compromis.
02 août 2015, 19:22

En vue de la session d'automne, la commission sociale du Conseil national s'est ralliée, hier, aux décisions prises début juin par le Conseil des Etats. Ceci après un vote au résultat nébuleux: neuf voix pour, huit contre et huit abstentions. La petite majorité soutient donc cette 11e révision de l'AVS (en fait une 11e-bis, après l'échec d'une première mouture devant le peuple en 2004) dans la version du Conseil des Etats, notamment sur les deux points les plus conflictuels.

Il y a d'abord la question de l'indexation des rentes. L'adaptation au renchérissement se fait aujourd'hui automatiquement tous les deux ans. A l'avenir, elle n'aurait lieu qu'en cas de forte inflation et dépendrait des réserves de l'AVS (qui doivent, en principe, correspondre à une année de rentes, soit environ 34 milliards). Si, du fait de l'augmentation des dépenses en raison du vieillissement, cette couverture descendait à 45%, l'adaptation ne serait plus accordée et les cotisations augmenteraient.

Le refus de cette formule et le maintien de l'actuelle, c'est la première condition posée par la gauche pour accepter la révision. La seconde concerne l'amélioration de la retraite anticipée, au profit des gens qui ne peuvent financièrement se le permettre. Là, trois groupes s'affrontent. Pour la droite dure, pas question de mettre un centime pour réduire moins fortement les rentes anticipées: il faut économiser la totalité des 800 millions obtenus par l'élévation de l'âge de la retraite des femmes à 65 ans.

Le centre, suivant les solutions concoctées par Didier Burkhalter avec le Conseil des Etats, propose de couper la poire en deux: la moitié des gains constitue des économies, ce qui permet de consacrer l'autre moitié, 400 millions, à l'amélioration des retraites anticipées - selon une formule qui bénéficierait notamment à 70% de femmes. Thérèse Meyer, présidente de la commission, a défendu ce point de vue, qui permettrait d'améliorer le budget d'un milliard après dix ans d'exercice.

La gauche, elle, refuse ce compromis. Il faut consacrer 1,1 milliard aux retraites anticipées. D'autant que, selon elle, le financement de l'AVS n'est pas en danger à moyen terme. Sinon, explique Christine Goll (PS /ZH), le référendum sera lancé, avec un résultat aussi prévisible que celui de 2004 (refus à 70%). Sauf qu'à l'époque, le projet n'améliorait qu'à titre temporaire les rentes anticipées des femmes (pour 145 millions). Cet automne, il pourrait quand même y avoir 400 millions. /FNU