Interdiction des pitbulls

L'Office vétérinaire fédéral lance une consultation éclair sur l'interdiction des pitbulls, des mesures strictes pour treize races de chiens et un contrôle accru des cantons

15 janv. 2006, 12:00

oseph Deiss est allé vite en besogne. Après la mort tragique du petit Suleyman, attaqué par trois pitbulls début décembre à Oberglatt (ZH), il a chargé l'Office vétérinaire fédéral (OVF) de préparer des mesures au niveau fédéral contre les chiens dangereux. Elles ont été présentées hier et mises en consultation jusqu'à mercredi prochain. La nouvelle ordonnance doit entrer en vigueur «le plus tôt possible».

Castration obligatoire

La mesure la plus définitive est l'interdiction des pitbulls, des croisements à partir de ces mêmes chiens ou de 13 autres races (lire l'encadré). Concrètement, les détenteurs de tels animaux devront les annoncer au vétérinaire cantonal, qui procèdera à leur castration ou stérilisation. Selon le danger qu'ils représentent, certains pourraient même être euthanasiés.

Pour les Dobermann, Rottweiler et autres chiens des 13 races visées, il faudra un certificat d'ascendance (pedigree) établi par un club suisse de race, lui-même reconnu par l'OVF. De race pure (les croisements étant interdits), ils seront soumis à autorisation. Le détenteur devra justifier de connaissances précises, avoir 20 ans et jouir d'une bonne réputation.

La liste des 13 races peut paraître arbitraire, admet Hans Wyss, directeur de l'OVF. Elle a toutefois été établie sur la base de listes internationales et nationales existantes. «Il est clair qu'elle pourra être modifiée, en fonction de l'évaluation continue des autorités», dit-il. Le but, pour la sécurité de la population, est d'en finir avec l'élevage de chiens agressifs.

La sélection, l'élevage et l'éducation des chiens doivent avoir pour objectif d'obtenir des chiens au caractère équilibré et peu agressifs, explique l'OVF. Leur comportement social doit être favorisé par les contacts avec l'être humain et d'autres animaux. A cet égard, le détenteur a un rôle primordial à jouer: c'est lui le responsable en cas d'accident.

Il y a environ 500.000 chiens en Suisse. La mesure immédiate proposée (annonce des pitbulls, des 13 races et de leurs bâtards) concerne environ 10.000 animaux. On ne connaît pas le nombre spécifique des pitbulls: entre 300 et 400, selon les estimations de certains associations. Les morsures nécessitant un traitement médical se chiffrent à plus de 10.000 par an.

Autre mesure mise en consultation: l'annonce aux autorités cantonales de tous les accidents par morsure, ainsi que des chiens qui présentent des troubles du comportement (par exemple l'agressivité). Appel donc aux vétérinaires, médecins, polices, douaniers et éducateurs canins. Les cantons assureront les contrôles et prendront les «mesures nécessaires».

Bientôt un permis?

Elles pourront se limiter à un simple cours pour le chien et son détenteur (on envisage, à moyen terme, un permis avec examen pour tous les détenteurs). Mais, selon la gravité du cas, le chien pourra être retiré, voire euthanasié. L'OVF espère ainsi prévenir des accidents graves. Les cantons disposeront de 15 personnes supplémentaires pour y faire face. / FNU

Treize races

Le pitbull ne constitue pas une race reconnue par la Fédération cynologique internationale: son élevage est donc difficilement contrôlable. Dans certains milieux, il est élevé pour le combat et les croisements avec d'autres chiens présentent un fort risque d'agressivité. Pour l'OVF, cela jusitifie son interdiction.

La liste des 13 races soumises à autorisation: Americain Staffordshire Terrier, Bull Terrier, Cano Corso Italiano, Dobermann, Dogo Argentino et Canario, Fila Brasileiro, Mastiff, Mastin Espanol et Napoletano, Rottweiler, Staffordshire Bull Terrier et Tosa. / FNU