Initiative sur les soins infirmiers: l’essentiel de la votation en 5 questions

Le 28 novembre prochain, les Suisses se prononceront sur trois objets, notamment l’initiative sur les soins infirmiers. En cinq points, on vous résume ce que vous devez savoir sur la votation.
04 nov. 2021, 12:30
/ Màj. le 05 nov. 2021 à 09:25
Quelque 70'500 soignants supplémentaires seront nécessaires d'ici 2029, dont 43'200 infirmiers, estime le comité. (illustration).

Quel est l’objet? 

L’initiative populaire a été déposée à Berne le 7 novembre 2017. Keystone archives

La question qui sera posée au peuple le 28 novembre prochain est: Acceptez-vous l’initiative populaire «Pour des soins infirmiers forts (initiative sur les soins infirmiers)»

L’initiative demande que la Confédération et les cantons soutiennent les soins infirmiers. Suffisamment d’infirmiers diplômés devront être formés et les soignants devront effectuer des tâches qui correspondent à leur formation et à leurs compétences. L’initiative demande aussi à la Confédération de réglementer les conditions de travail et de garantir une rémunération appropriée. Par ailleurs, les infirmiers devront pouvoir facturer certaines prestations directement aux caisses-maladie.


Quel est l’enjeu?

Keystone archives

Il s’agit de faire face au grand défi du vieillissement de la population qui va réclamer davantage de personnel infirmier. Le nombre de personnes de plus de 65 ans va doubler entre 2014 et 2030. Quelque 70’500 soignants supplémentaires seront nécessaires d’ici 2029, dont 43’200 infirmiers, estime le comité. Il faut donc former suffisamment de personnel qualifié. Il faut également créer les conditions nécessaires pour que les soignants exercent leur profession plus longtemps.


Qui est pour?

 Le comité en faveur de l’initiative a lancé sa campagne placée sous le slogan «applaudir ne suffit pas» le 6 octobre. Keystone

Pour le comité, la pénurie d’infirmiers est une réalité depuis longtemps. Trop peu de soignants sont formés et trop d’entre eux quittent la profession, épuisés, après quelques années seulement. Selon lui, le contre-projet indirect du Parlement ne va pas assez loin, car il ne prévoit pas de mesures pour garder les soignants dans la profession.

Du côté des partis politiques, le PS, les Verts, le PVL, le PEV et le Parti Pirate recommandent le OUI. Le Centre n'a pas donné de mot d'ordre et laisse le vote libre.

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Qui est contre?

Keystone archives

Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent le non. Ils veulent renforcer les soins infirmiers, mais considèrent que l’initiative va trop loin, surtout en ce qui concerne la réglementation des conditions de travail par la Confédération. 

Leur contre-projet indirect prévoit, selon eux, de former plus de soignants et de leur donner plus de compétences, sans que cela n’entraîne une augmentation des coûts et des primes.

Les partis qui refusent l'initiative sont l'UDC (à noter que l'UDC du Valais romand recommande le oui), le PLR et l'UDF.


Qu’en disent les sondages?

Selon le premier sondage de la SRR, l’initiative sur les soins infirmiers serait approuvée par 78% des votants. Actuellement, le texte est soutenu par trois quarts des électeurs dans les trois régions linguistiques. Il bénéficie aussi du soutien de tous les partis. 

Selon le second sondage de Tamedia, le texte serait approuvé à 77%. La part du «oui» a diminué de 5 points de pourcentage par rapport au premier sondage. 19% des sondés rejetteraient l’initiative, tandis que 4% sont indécis. L’initiative est soutenue par l’ensemble de l’échiquier politique, surtout à gauche. L’enquête ne montre en outre pratiquement aucune différence entre les zones urbaines et rurales, les générations ou les régions linguistiques.



par Nicole Cajeux