Initiative: délégués de l'OSE inquiets après le vote contre l'immigration de masse

Les membres de la "5e Suisse" se sont réunis à Berne samedi. Les délégués ont relayé l'inquiétude des quelques 435'000 Suisses vivant à l'étranger suite à l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse.
07 août 2015, 13:31
Jacques-Simon Eggly, président de l'OSE, était à Berne samedi pour faire part des inquiétudes des Suisses résidant à l'étranger.

Les 435'000 Suisses qui vivent dans un pays de l'UE font face à un futur incertain après l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse, selon les délégués de l'Organisation des Suisses de l'étranger (OSE). Réunis samedi à Berne, les membres de la "5e Suisse" ont également parlé de prévoyance vieillesse.

Le responsable de la direction pour les affaires européennes du Département fédéral des affaires étrangères Henri Gétaz a tenté de rassurer les délégués en leur déclarant que les droits acquis seraient conservés. Rien ne changera dans les droits prochaines années. Il n'a cependant pas été capable de calmer les inquiétudes des membres de l'OSE, rassemblés au Rathaus de Berne.

La recherche et les jeunes sont déjà victimes de la votation du 9 février, a relevé un délégué en se référant au gel des programmes Erasmus et "Horizon 2020".

Les délégués ont décidé à une forte majorité de signer la lettre ouverte du Conseil suisse des activités de jeunesse (CSAJ). Celle-ci s'adresse aux autorités suisses et européennes et leur demande "de ne pas sacrifier les jeunes au nom d'une stratégie politique".

Les Suisses de l'étranger ont refusé l'initiative

Le président de l'OSE Jacques-Simon Eggly est également revenu sur l'acceptation de l'initiative contre l'immigration de masse. Neuf cantons suisses (Lucerne, Bâle-Ville, Appenzell Rhodes-Intérieures, St-Gall, Thurgovie, Argovie et les romands Vaud, Fribourg et Genève) décomptent de manière séparée le résultat du vote des Suisses de l'étranger. Dans ces cantons, les Suisses de l'étranger ont refusé l'initiative, a souligné le Genevois.

M. Eggly a également salué le récent vote du Conseil des Etats en faveur de la loi sur les Suisses de l'étranger. "Je tiens à rappeler l'importance institutionnelle mais aussi et surtout politique de cette loi sur les Suisses de l'étranger", a souligné Jacques-Simon Eggly, selon le texte de son discours.

Une telle loi permet au Conseil fédéral de s'y référer pour la mise en place d'une politique et d'une stratégie globale sur toutes les questions relatives aux Suisses de l'étranger, considère le Genevois.

Responsabilité individuelle

La réforme de la prévoyance vieillesse a encore retenu l'attention des délégués de l'OSE. Ceux-ci ont salué les buts de la réforme, la volonté de mettre sur pied un système de prévoyance pérenne et à la fois flexible.

Dans sa prise de position, l'OSE met l'accent sur la responsabilité individuelle des citoyens suisses à l'étranger. Ceux-ci doivent faire en sorte de garantir à long terme leurs moyens d'existence, en souscrivant un plan de prévoyance vieillesse, le cas échéant en s'assurant à l'AVS/AI facultative.

Pour mémoire, la refonte de l'AVS facultative en 2001 a eu pour effet, dans certains pays, de priver certaines personnes d'une couverture assurance.