Immobilier: non, être propriétaire ne rend pas vraiment heureux

Accéder à la propriété rimerait avec luxe, calme et volupté. Erreur, affirment des chercheurs en économie. Posséder son habitat ne ferait pas de nous des gens plus heureux.

20 sept. 2022, 12:02
Acheter une belle villa comme ici à Etoy (VD), l'assurance du bonheur? Pas tout à fait, affirment des économistes.

Habiter dans sa propre maison rend moins heureux que beaucoup ne se l’imaginent au préalable. Surtout parmi les personnes animées par le succès, l’argent et la recherche d’un statut social élevé. Une étude de l’Université de Bâle le révèle.

Les chercheurs en sciences économiques Alois Stutzer et Reto Odermatt ont étudié l’impact de l’achat de leur propre domicile sur le sentiment de satisfaction dans la vie des personnes concernées. Ils sont parvenus à la conclusion que l’effet positif d’une telle acquisition dure moins longtemps que les acheteurs ne l’attendaient. Les résultats de l’étude sont publiés dans la revue spécialisée «Journal of Happiness Studies», indique mardi l’Université de Bâle.


Les données récoltées en Allemagne auprès de 800 propriétaires avant et après l’achat de leur domicile contiennent des déclarations sur leurs attentes en matière de satisfaction personnelle et leur satisfaction réelle, une fois que la vie de propriétaire est devenue réalité. Il en résulte que ce changement augmente en moyenne le sentiment de bonheur, mais pas autant qu’attendu par les personnes concernées.

Effet d’accoutumance sous-estimé

Selon les deux chercheurs, les futurs propriétaires sous-estiment, au préalable l’effet de l’accoutumance à la nouvelle situation. Tel est surtout le cas chez celles et ceux qui sont motivés par le statut social, l’argent et le succès. A l’inverse, les personnes qui placent davantage la famille et les amis au coeur de leur vie surestiment beaucoup moins l’augmentation du sentiment de satisfaction, selon l’étude.

Les chercheurs en concluent qu’une mauvaise évaluation des facteurs matériels du bonheur peut amener les personnes concernées à agir contre leur bien. Il vaut donc la peine de remettre en question ses propres valeurs avant de prendre des décisions aux conséquences aussi importantes.

par Keystone - ATS