Identité électronique: début de la collecte des signatures pour le référendum

La collecte de signatures en vue d’un référendum sur l’identité électronique a été lancée ce mardi. «Nous voulons le passeport numérique suisse délivré par l’État et non par des entreprises privées!», expliquent les organisations.
08 oct. 2019, 10:20
Des "e-ID", reconnus par l'Etat sont nécessaires dans le monde virtuel, tant pour le développement du commerce en ligne que pour les applications de cyberadministration.

Les Suisses pourraient se prononcer sur l’identité électronique. La Société Numérique, l’organisation suisse Campax, la plate-forme «We collect» et l’association Public Beta ont officiellement lancé mardi la collecte des signatures en vue d’un référendum.

Le référendum est déjà soutenu par le PS, les Verts et le Parti pirate, droitsfondamentaux.ch ainsi que par des membres de tous les partis.

 

 

Pour marquer de début de la collecte de signatures, des citoyens ont produit des dizaines de milliers de «Swiss e-ID» à l’aide d’un automate Web. Ces passeports circuleront via les médias sociaux.

La «Swiss e-ID» personnalisée représente la revendication centrale de la campagne référendaire. «Nous voulons le passeport numérique suisse délivré par l’État et non par des entreprises privées!», expliquent les organisations.

Rôle de l’Etat

En effet, en septembre, la droite du Parlement a réussi à imposer un système libéral qui donne la priorité au secteur privé pour délivrer des e-ID. La gauche aurait préféré que ce rôle revienne entièrement à l’Etat ou que la Confédération ait à tout le moins la possibilité de fournir des identités électroniques en parallèle aux privés. Cela aurait répondu aux préoccupations de certains milieux qui jugent la loi trop laxiste.

Pour l’alliance à l’origine du référendum, cette loi «se plie aux exigences de l’économie» et ce sont la démocratie et le peuple qui en font les frais.

 

 

Dangereux

L’e-ID est l’identité officielle des citoyens et citoyennes suisses, rappellent les organisations. Les contrats, les transactions financières, les informations sur la santé et les services administratifs, tels que les déclarations d’impôts ou les décisions politiques, seront désormais traités numériquement à l’aide d’une e-ID.

Depuis toujours, la sécurisation de l’identité était une tâche souveraine de l’État qui doit être placée sous le contrôle démocratique. De l’avis des référendaires, il est incompréhensible que la Confédération nomme exclusivement des acteurs privés comme fournisseurs d’e-ID.

 

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Les fournisseurs privés d’e-ID deviennent ainsi responsables du stockage et de l’utilisation de nos données. Quant à la Confédération, elle ne dispose plus que d’une faible fonction de contrôle.

Un sondage représentatif montre pourtant que 87% de la population veut obtenir un passeport numérique de l’État. Le Parlement n’a pas tenu compte de la volonté populaire, critique l’alliance.