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Hans-Rudolf Merz sur internet, Moritz Leuenberger sur son blog

Le Conseil fédéral innove. Deux discours du 1er Août sont sur écran: Hans-Rudolf Merz appelle à «moins d'Etat» sur internet, Moritz Leuenberger disserte de la démocratie directe sur son blog. Malgré le choix d'internet, le propos de Hans-Rudolf Merz constitue bien une allocution de Fête nationale. Qu'on l'écoute ou qu'on la lise, le minutage est compté. Fil conducteur du ministre des Finances: les prestations de l'Etat sont généreuses et suffisantes. Ceux qui en veulent davantage doivent compter sur eux-mêmes. C'est le principe de la responsabilité individuelle.

02 août 2008, 12:00

«Même si nos institutions sont perfectibles, nous pouvons dire qu'elles fonctionnent», affirme-t-il. Et ceux qui disent le contraire sont des «esprits chagrins», des «donneurs de leçons» qui n'ont pas de solutions à proposer, poursuit-il, sans qu'on sache clairement à qui il s'adresse. Pour lui, l'aide de l'Etat peut «restreindre notre marge de man?uvre et nuire à notre épanouissement personnel».

De son côté, Moritz Leuenberger prend un peu plus d'espace et de temps pour s'adresser «à ceux qui s'aventurent» sur son blog. A partir de la question «qu'est-ce qui est suisse?», il choisit une des réponses possibles: la démocratie directe. Une institution qu'il faut inlassablement expliquer à l'étranger, tant on la connaît mal, même dans les démocraties occidentales.

Initiatives et référendums seraient des freins à l'action politique et à sa cohérence, un obstacle aux stratégies à long terme, entend-il souvent. Il rappelle alors, à titre d'exemple, que le peuple a confirmé à plusieurs reprises sa volonté de transférer les marchandises de la route au rail, tout en tenant compte des imbrications entre la taxe poids lourds, les NLFA et les accords avec l'Union européenne (UE). Autre reproche: dans un tel système, la majorité l'emporte toujours et n'en fait qu'à sa guise, au détriment de la solidarité et du long terme. Il faut évidemment savoir que la Suisse est composée de minorités et que la «majorité» change selon les sujets. N'empêche: le peuple a voté 30 milliards pour un développement des transports publics sur plusieurs dizaines d'années.

Mais cette démocratie directe doit être inlassablement défendue dans ses fondements, y compris à l'intérieur du pays, prévient le ministre des Transports. Il faut ainsi combattre l'initiative visant à limiter le droit des recours en matière d'environnement: «La nature ne peut pas se défendre et faire elle-même recours!». Sur la lenteur du processus démocratique, Moritz Leuenberger répond que la Suisse est en avance sur d'autres pays en matière de transports ou de protection des eaux, mais en retard dans certaines libéralisations. Encore qu'il ne faille pas se précipiter dans de tels dossiers, comme l'électricité ou la poste. Mais surtout, la lenteur tient à la recherche préalable de consensus.

Notre système, dit-il, nous oblige à négocier et, ainsi, à éviter qu'une force politique ne s'impose aux autres. «C'est pourquoi le passage à l'opposition est en contradiction avec les fondements de la démocratie directe. Nous ne connaissons pas une situation où une majorité (au parlement ou au gouvernement) représente le peuple jusqu'aux prochaines élections», explique-t-il. Une dernière chose: cette démocratie directe, toujours fragile, ne doit pas nous rendre méfiants. Notre participation à la communauté internationale doit être effective. Nous en avons d'ailleurs besoin, économiquement avec l'UE, politiquement avec l'ONU ou diplomatiquement - on vient de le voir avec le Colombie et la Libye. «Nous avons même une responsabilité envers le monde», conclut Moritz Leuenberger. /FNU

Pour HR Merz: www.efd.admin.ch. Pour M. Leuenberger: moritzleuenberger.blueblog.ch
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