Genève: le Grand Conseil encourage l'achat immobilier

Les locataires en place depuis cinq ans dans le même logement pourront acheter plus facilement leur bien, grâce à une loi acceptée vendredi par le Grand Conseil genevois. Les milieux des locataires vont lancer un référendum.

13 nov. 2015, 22:02
Le Grand Conseil veut palier à la crise du logement.

La nouvelle loi signée par le député MCG et promoteur immobilier Ronald Zacharias a été acceptée par 61 voix contre 34, dans un parfait clivage gauche-droite. L'Asloca, le rassemblement pour une politique sociale du logement et le comité unitaire "Stop aux attaques contre la LDTR" ont immédiatement annoncé un référendum. Ils devront récolter 500 signatures en 40 jours.

Le texte voté est un assouplissement de la loi sur les démolitions, transformations et rénovations de maisons d'habitation (LDTR). Les locataires en place depuis au moins cinq ans pourront acquérir leur logement pour autant qu'ils se mettent d'accord sur le prix avec le propriétaire. Les locataires restant dans l'immeuble ont la garantie de ne pas être forcés d'acheter ou de partir.

Pour la droite, cette nouvelle disposition n'oblige ainsi personne à acheter son logement. Et le droit du bail protège les locataires. Mais pour la gauche, cette modification législative vise à démanteler la protection des locataires mise en place dans la LDTR et favorise la spéculation immobilière. "C'est la porte ouverte à toutes les dérives", selon la socialiste Irène Buche.

Le projet initial prévoyait un achat pour un locataire en place depuis trois ans, mais un amendement du PDC a augmenté cette durée à cinq ans. Le prix médian du mètre carré a aussi été plafonné à 6900 francs, soit l'équivalent du prix de la propriété par étage en zone de développement, afin d'éviter la spéculation.