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Exemption de peine requise pour Rachel

02 sept. 2009, 11:53

Sept jeunes impliqués dans une rixe à Monthey ont comparu hier devant le Tribunal de Monthey. Le procureur a requis la prison ferme pour l'un d'eux et demandé à la cour d'exempter de toute peine Rachel, qui comparaissait à la fois comme accusée et victime.

Le procureur André Morand a souligné la légère implication de la jeune femme dans la rixe et surtout le lourd tribut qu'elle a payé. Agée de 25 ans au moment des faits, le 13 janvier 2007, elle a eu les os de la face brisés et n'est pas encore tout à fait remise.

«Ce n'est pas acceptable que ma cliente soit sur le banc des accusés», a déclaré le défenseur de Rachel. Il a réfuté l'exemption de peine requise par le procureur et demandé la libération de tout chef d'inculpation. Il a raconté les souffrances de Rachel et de ses proches et demandé une indemnité pour tort moral de 60 000 francs.

Pour le Ministère public, un seul des accusés aurait sauvagement frappé Rachel alors qu'elle était à genoux et en pleurs. L'homme, un Kosovar âgé de 19 ans aux moments des faits, ne reconnaît qu'un seul coup de pied. Le Ministère public a demandé une peine ferme de deux ans et demi, dont la moitié pourrait être suspendue étant donné les regrets émis par le jeune homme et les bonnes dispositions dont il a fait preuve depuis.

«Je ne fais pas l'éloge du comportement de mon client, que l'on peut qualifier d'abject, mais on ne peut lui prêter des coups qu'il n'a pas donnés», s'est insurgé le défenseur du jeune homme. «Le procureur devait trouver une tête qui dépassait et il a trouvé celle de mon client», a-t-il asséné, demandant une peine avec sursis.

Les défenseurs des quatre autres Kosovars impliqués dans la rixe ne se sont pas opposés aux requêtes du procureur. Ce dernier a demandé essentiellement des heures de travail d'intérêt général (TIG).

Contre le Suisse qui accompagnait Rachel et qui, lui aussi, comparaissait à la fois comme victime et accusé, le procureur a requis 60 heures de travail d'intérêt général avec sursis. Une requête balayée par son défenseur qui demande l'acquittement et 30 000 francs à titre de réparation morale.

Au cœur des débats hier après-midi figurait la question de la bagarre: rixe ou agression? Pour les défenseurs de Rachel et de son ami, il s'agit d'une agression mue par une volonté de vengeance: les jeunes voulaient en découdre en raison de conflits antérieurs.

Pour les défenseurs des jeunes Kosovars, il ne s'agit pas d'un assaut unilatéral mais d'une rixe. La différence est d'importance pour les parties puisque l'agression est passible d'une peine plus lourde que la rixe. /ats

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