Eviter une fausse perception en Suisse

16 janv. 2010, 04:15

Le nouveau Conseil central islamique Suisse (CCIS) poursuit ses efforts d'information. Ce conseil, qui s'est fait connaître pour avoir organisé en décembre dernier une manifestation pacifique à Berne pour lutter contre la «fausse perception» de l'islam, compte déjà un demi-millier de membres et reçoit de nombreux dons.

A court terme, le CCIS veut aborder les passants des grandes villes à des stands et distribuer du matériel d'information. Il a mis sur pied un site internet - avec des textes uniquement en allemand pour l'heure - et entend organiser des conférences. Une «islam-infoline» téléphonique est également prévue.

A plus long terme, il souhaite devenir le représentant reconnu de l'islam traditionnel sunnite en Suisse, instaurer un conseil suisse des fatwas et des écoles islamiques reconnues et s'établir dans toutes les régions du pays. Le conseil des fatwas émet des avis de droit concernant des problèmes actuels touchant les musulmans.

L'objectif est également la reconnaissance de droit public de l'islam par les cantons, a déclaré le président du CCIS Nicolas Blancho, hier à Berne, lors d'une conférence de presse.

La création du CCIS, dont le siège est à Berne, remonte à octobre, avant la votation sur l'interdiction des minarets. Selon Nicolas Blancho, le conseil compte 26 membres actifs - uniquement des hommes - et 500 passifs, dont aussi des femmes. Il est prévu de créer une organisation de femmes sous l'égide du CCIS, l'islam interdisant que les deux sexes soient actifs dans la même structure.

De l'avis de Qaasim Illi, membre du comité directeur, le CCIS est nécessaire car les autres organisations faîtières de Suisse regroupent ou représentent des associations et des mosquées, mais pas des individus. Beaucoup de musulmans vivant en Suisse ne se sentent pas représentés dans le débat actuel sur l'islam. Beaucoup aussi se disent inquiets des dernières évolutions.

Le CCIS est financé par les contributions de ses membres, mais aussi et surtout par des dons. Le comité directeur se dit d'ailleurs surpris par les arrivées d'argent, selon Qaasim Illi. Rien n'est en revanche venu de l'étranger. /ats

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