Environnement: comme le renard avant lui, le blaireau semble apprécier de plus en plus les villes suisses

Des blaireaux au centre-ville de Zurich? Ce n'est plus aussi rare que ça. La population citadine de ces mustélidés a explosé depuis une vingtaine d'années.
03 janv. 2019, 10:15
Le blaireau s'adapte un peu moins vite que le renard à la vie en ville, mais il semble néanmoins s'y plaire (illustration).

Le renard a depuis longtemps fait siennes les zones urbaines. Désormais, c'est au tour du blaireau de s'aventurer de plus en plus dans les villes, rapporte l'association SWILD de recherche sur l'écologie urbaine et les animaux sauvages, basée à Zurich.

Jusqu'ici, la présence de blaireaux en zone urbaine était plutôt interprétée comme un reliquat lié à l'extension des agglomérations: ces animaux étaient déjà là et les immeubles ont poussé autour de leurs terriers.

Mais selon une étude de chercheurs de l'Institut WSL, des universités de Zurich et Cambridge (GB) ainsi que de SWILD, tout laisse penser que les populations de blaireaux augmentent en Suisse et que leur territoire s'étend désormais aux zones urbaines.

 

 

Les scientifiques ont évalué les données de pièges photographiques installés à Zurich et St-Gall, celles concernant les blaireaux tués sur les routes du pays, ainsi que des observations d'un projet de science citoyenne à Zurich.

Résultats: le nombre de blaireaux tués sur les routes de Suisse a plus que doublé entre 1992 et 2015, selon ces travaux publiés dans la revue Hystrix, the Italian Journal of Mammalogy.

A Zurich, les blaireaux étaient trois fois plus nombreux sur les clichés des pièges photographiques en 2014 qu'en 1997. A St-Gall de même, leur nombre avait triplé entre 2008 et 2016. Et au cours des dix dernières années, de plus en plus de ces mustélidés ont été observés directement par des citoyens au centre de Zurich.

 

 

Si le blaireau a du retard sur le renard, c'est peut-être dû à sa reproduction lente - il est peu prolifique - et à un comportement moins flexible, supputent les auteurs. Il n'en reste pas moins que c'est une mauvaise nouvelle pour les hérissons, dont il est un prédateur.

Ses capacités bien connues de fouisseur pourraient également provoquer des problèmes ici ou là en raison des dégâts que cela peut occasionner. Il peut également être porteur de maladies, notamment la tuberculose bovine.