Entre envie et devoirs

Une citation de Confucius sur la boîte donne immédiatement le ton: «Celui qui ne prévoit pas les choses lointaines s'expose à des malheurs prochains». Avec «L'année du dragon», l'anticipation est indispensable.

15 avr. 2008, 12:00

Les joueurs incarnent un prince dans l'empire chinois de l'an 1000. L'objectif est de gérer au mieux sa province et surmonter les divers événements connus qui se produiront à la fin de chacun des 12 mois de l'année du dragon. Entre adultes, la lutte sera acharnée et tendue, chaque action ayant un poids déterminant. Les plus jeunes sauront sans doute assimiler les règles, mais joueront plus facilement à l'instinct.

Le matériel cartonné fourni est abondant et joliment illustré. Contrastant avec le matériel, le plateau de jeu sans illustration semble vide, mais est cependant bien fonctionnel. Chaque joueur a devant lui sa cour, constituée de plusieurs palais. Des tuiles en carton s'imbriquant les unes dans les autres représentent les étages des palais au-dessous desquels viendront se placer les portraits des personnages.

Le tour de jeu commence par l'exécution d'une action (prélever des impôts, extension de palais, récolte de riz, fusées, armée, études, privilèges). Cette action est améliorée par les personnages présents dans la cour de chaque prince (collecteur d'impôts, médecin, moine, militaire, constructeur, paysan). On passe ensuite aux personnages: il s'agit de recruter un personnage selon les cartes disponibles.

Puis survient l'événement du mois, connu dès le début de la partie. Les deux premiers mois sont invariablement des mois de repos. Mieux vaut en profiter car la suite est plus difficile. Dès le troisième mois, les événements seront: tribut à l'empereur, sécheresse, fête du dragon, assaut mongol ou épidémie. Pour chacun de ces événements, il faudra avoir préalablement acquis suffisamment d'argent, de riz, de feux d'artifices, de militaires ou de médecins. Une pénalité est prévue pour chaque manquement.

Les parties nous ont laissé une sensation de course-poursuite pour obtenir l'indispensable... Des choix cornéliens à faire à chaque tour: faire une récolte et assurer son stock de riz et manquer d'argent? Prélever des impôts, manquer de riz et perdre un personnage? Un moine qui rapportera des points de victoire?

Un excellent résumé de la vie et des choix à faire chaque jour entre ses envies (points de victoire) et ses devoirs (événements).

«L?année du dragon» De Stefan Feld. Editeur: Alea/Ravensburger/Filosofia. Nombre de joueurs: 2 à 5. Age: dès 12 ans, Durée: 70 minutes.