Elus neuchâtelois: satisfaction au PLR, déception à gauche

Sans surprise, les six parlementaires neuchâtelois ont suivi les mots de leurs groupes respectifs pour l’élection au Conseil fédéral de ce mercredi. Ainsi, si la réélection de Ignazio Cassis réjouit les libéraux-radicaux Philippe Bauer et Damien Cottier, les élus de gauche sont déçus par le résultat de la verte Regula Rytz, qu’ils ont soutenue.

11 déc. 2019, 14:00
Céline Vara (à droite), en compagnie de Regula Rytz, est déçue de la non-élection de la candidate des Verts.

«L’Assemblée fédérale a choisi la stabilité et elle a souhaité ne pas écarter des conseillers fédéraux en fonction qui font un bon travail. Elle confirme une pratique bien ancrée dans la tradition suisse», commente le conseiller national PLR Damien Cottier.

«Pour autant la plupart des groupes, inclus le PLR, ont montré une ouverture à discuter sur la signification de la concordance à long terme si le paysage politique suisse venait à changer de manière durable. Mais cette discussion fondamentale doit se faire sans précipitation, pas sous la pression du temps ou d’une candidature spécifique», ajoute-t-il.

Droite majoritaire

Pour le conseiller aux Etats Philippe Bauer, la satisfaction prédomine. «Pour Ignazio Cassis, pour Karin Keller-Sutter et aussi parce que nos institutions fonctionnent. C’est important, surtout à la veille de défis pour le pays et notamment nos relations avec l’Union européenne. La stabilité est nécessaire», dit-il.

«Les Verts ont appris aujourd’hui que la majorité de droite est de 160 à 80 au Parlement», ajoute le conseiller aux Etats, rappelant que la formation écologiste n’est pas majoritaire malgré son succès aux dernières fédérales.

«Dans la rue»

Du côté des Verts, on encaisse la défaite. «Je suis évidemment très déçue et surtout inquiète pour l’avenir. L’urgence est connue, nous devons agir immédiatement pour espérer sauver ce qu’il reste de notre biodiversité. Malheureusement, ce Parlement n’a pas encore saisi la mesure de cette urgence», commente à chaud la conseillère aux Etats Céline Vara.

«On continuera à être dans la rue. On se battra jusqu’au bout. L’histoire se souviendra de ce jour où le Parlement fédéral a oublié que sa survie dépendait de l’état de la planète sur laquelle il vit…»

Même déception pour son collègue du National Fabien Fivaz: «Les partis de droite, vert’libéraux compris, ont choisi de s’asseoir sur le résultat des élections, ils ont choisi l’immobilisme face à l’urgence climatique. Nous continuerons à nous battre, au Parlement et dans la rue, pour le climat, la biodiversité et la justice sociale.»

«Rempli d’espoir»

Pour le conseiller national socialiste Baptiste Hurni, «l’assemblée fédérale a préféré la stabilité de sa formule magique à la volonté claire exprimée par une partie importante du peuple suisse. Pour les représentants du camp progressiste, c’est une déception, car la droite dure continuera d’être majoritaire au Conseil fédéral.»

L’élu constate néanmoins que, à l’occasion de cette session au National, «les premiers votes ont démontré que cette majorité gouvernementale PLR-UDC n’est plus à même de dicter sa loi dans l’hémicycle. Même déçu, je reste rempli d’espoir pour que cette législature puisse faire progresser les réformes sociales et environnementales, notamment dans le domaine de l’assurance maladie, des retraites et de la transition énergétique.»

Le mot de la fin au conseiller national du POP Denis de la Reussille: «Le résultat n’est évidemment pas une surprise. Cela démontre aussi que les Vert’libéraux sont libéraux… Je pense aussi que le côté minorité tessinoise a beaucoup compté. Pendant ce temps… l’urgence climatique demeure.»