Elevage intensif: le Conseil fédéral transmet son contre-projet

Le gouvernement souhaite que le principe du bien-être animal concerne tous les animaux et pas seulement ceux détenus à des fins agricoles. Mais ne souhaite pas fixer des critères sur la taille des élevages.
19 mai 2021, 13:36
L'initiative est soutenue par des personnalités politiques de tous bords et certaines associations d'agriculteurs.

Le bien-être animal doit être inscrit dans la Constitution et étendu à tous les animaux. Le Conseil fédéral a transmis mercredi au Parlement un contre-projet direct à l’initiative «Non à l’élevage intensif», reprenant les éléments centraux du texte.

Le gouvernement soutient l’objectif principal du texte. Avec le contre-projet direct, le principe général de bien-être animal sera inscrit dans la Constitution et concernera tous les animaux. Il va donc au-delà de ce que requiert l’initiative, qui se réfère exclusivement aux animaux détenus à des fins agricoles.

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L’initiative populaire demande aussi à la Confédération de fixer des critères sur un hébergement et des soins respectueux des animaux, l’accès à l’extérieur, l’abattage et la taille maximale des groupes par étable. La référence minimale serait le cahier des charges 2018 de Bio Suisse.

L’importation d’animaux et d’aliments d’origine animale devrait aussi répondre aux nouveaux critères. L’initiative laisse un délai transitoire de 25 ans au maximum pour appliquer l’initiative. La législation d’application devrait toutefois être adoptée dans un délai de trois ans.

Proposition obsolète

Pour le Conseil fédéral, la loi protège déjà le bien-être individuel des animaux, quel que soit leur nombre. Limiter la taille des élevages ne permettrait pas d’améliorer directement le bien-être animal et la Suisse dispose, par rapport aux autres pays, de troupeaux de très petite taille.

Avec son contre-projet direct, le Conseil fédéral propose d’inscrire dans la Constitution des critères comme un hébergement respectueux, des sorties régulières, des conditions respectueuses lors de l’abattage. Les exigences minimales dans ces trois domaines seront renforcées pour tous les animaux de rente.

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Le texte a été lancé par la présidente de la Fondation Franz Weber, Vera Weber, le conseiller national Bastien Girod (Verts/ZH), Sentience Politics et Greenpeace. Il est soutenu par des personnalités politiques de tous bords et certaines associations d’agriculteurs.