Église: les catholiques thurgoviens veulent abolir le célibat des prêtres pour prévenir la violence sexuelle

Selon les catholiques thurgoviens, il y aurait un lien entre les abus sexuels commis au sein de l’Église et le célibat des prêtres, qu’ils proposent d’abolir.

10 déc. 2018, 18:17
La résolution veut un débat ouvert pour savoir si la violence sexuelle est favorisée par le célibat, par l'attitude négative vis-à-vis de l'homosexualité et par le cléricalisme. (illustration)

Les catholiques thurgoviens veulent abolir le célibat des prêtres. Dans une résolution, leur synode demande la mise sur pied de commissions externes pour se pencher sur cette question.

La résolution est adressée à l’assemblée des présidents de la conférence des évêques, qui se réunira fin février à Rome. Elle fait suite aux différents scandales d’abus sexuels dans l’Église catholique, indique le texte de la résolution. Des changements urgents sont réclamés.

Des propositions concrètes sont formulées. À commencer par une enquête complète et indépendante sur les cas d’abus. L’instauration d’une commission externe est indispensable pour rétablir la confiance au sein de l’Église.

Débat ouvert réclamé

La résolution veut un débat ouvert pour savoir si la violence sexuelle est favorisée par le célibat, par l’attitude négative vis-à-vis de l’homosexualité et par le cléricalisme. Comme signe fort et courageux, Rome devrait pour le synode abolir le devoir de célibat et introduire l’ordination des femmes.

Avec ces demandes, les catholiques thurgoviens veulent «soutenir dans ses efforts» l’évêque de Bâle Felix Gmür. Et de souhaiter que ce dernier les répercute «avec détermination» lors de l’assemblée des présidents de la conférence épiscopale. Le synode thurgovien fait partie du diocèse de Bâle.

Felix Gmür est aussi vice-président de la Conférence des évêques suisses (CES). Début septembre, la CES a durci l’obligation de dénoncer les abus sexuels commis au sein de l’Église catholique. Dorénavant, les responsables ecclésiaux ne devront plus obtenir l’accord de la victime pour dénoncer un cas d’abus. Ils pourront passer outre. À condition que le cas ne soit pas déjà prescrit.