Votre publicité ici avec IMPACT_medias

Démarche palestinienne à l'ONU: mutisme du Conseil fédéral

Le Conseil fédéral a adopté mercredi sa position face à la demande de Mahmoud Abbas d'élever le statut de la Palestine à l'ONU. Mais il ne la rendra publique que la semaine prochaine, a annoncé son porte-parole André Simonazzi.

21 nov. 2012, 16:44
L'Autorité palestinienne dispose déjà d'un statut d'entité observatrice à l'ONU.

Le gouvernement veut encore en référer à la commission de politique extérieure du Conseil des Etats, a précisé le vice-chancelier. Le président palestinien Mahmoud Abbas souhaite une reconnaissance de la Palestine comme Etat observateur et non membre des Nations-Unies. Il déposera sa requête le 29 novembre.

Jeudi dernier, Mahmoud Abbas est venu chercher à Berne le soutien helvétique à sa démarche. Le ministre des affaires étrangères Didier Burkhalter a alors affirmé que "la résolution contient beaucoup d'éléments constructifs et pragmatiques" et que "la Suisse est en accord avec de nombreux points".
 
Pour le chef de la diplomatie, il n'était pas imaginable que le Conseil fédéral se prononce contre. La Suisse soutiendra la démarche palestinienne ou s'abstiendra, selon lui. Il faudra aussi se demander à quel niveau une approbation pourrait mettre en péril le processus de paix, avait noté M.Burkhalter.
 
Premier aval
 
La commission de politique extérieure du Conseil national a déjà pris position. Mardi, une majorité (13 voix contre 9) a recommandé au Conseil fédéral de se ranger derrière la démarche palestinienne.
 
Selon elle, ce soutien s'inscrirait dans la continuité de la politique menée jusqu'ici par la Suisse et n'équivaut pas à une reconnaissance de l'État palestinien par Berne. La minorité préférerait que la Suisse s'abstienne, pour se conformer à sa tradition de neutralité.
 
Nouveau statut
 
L'Autorité palestinienne dispose déjà d'un statut d'entité observatrice à l'ONU. En obtenant le statut d'Etat non membre, à l'égal du Vatican, la Palestine pourrait notamment saisir des instances internationales comme la Cour pénale internationale (CPI). L'élévation de son statut donnerait plus de poids à ses revendications concernant la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est.
 
Vu qu'il n'y a pas de droit de veto à l'Assemblée générale des Nations Unies, la résolution a de bonnes chances d'être adoptée. Les Etats-Unis et Israël y sont hostiles, estimant que la création d'un Etat palestinien dépend du processus de paix.
 
Il y a un an, Mahmoud Abbas a déposé une demande d'adhésion de la Palestine en tant qu'État membre de l'ONU. Mais sa démarche n'a pas abouti. Le comité des admissions n'a pas pu transmettre de recommandation unanime au Conseil de sécurité. La demande palestinienne n'aurait de toute façon pas pu franchir l'étape de ce conseil, Washington ayant annoncé son veto.
Votre publicité ici avec IMPACT_medias